La déclinaison congolaise de PanAfGeo+ Invest, un programme financé par l’Union européenne (UE) visant à renforcer les services géologiques et la gestion des données du sous-sol en Afrique, a été conclue le 19 mars 2026 à Kinshasa. L’accord a été signé par le ministre congolais des Mines, Louis Watum, et le chargé d’affaires par intérim de la délégation de l’UE en RDC, Fabrice Basile.
Pour la RDC, le programme vise notamment à consolider la base nationale de données géoscientifiques, à valoriser les archives historiques, à conduire des travaux de reconnaissance géologique dans plusieurs provinces et à réaliser des études sur certaines zones d’exploitation artisanale. L’objectif affiché est double : améliorer la connaissance du sous-sol congolais et mieux orienter les décisions d’investissement.
PanAfGeo+ Invest s’inscrit dans la continuité de PanAfGeo (2016-2024), qui aurait permis de former près de 1 750 géoscientifiques africains. À travers ce programme, l’UE prévoit d’investir 45 millions d’euros dans sept pays africains entre 2026 et 2029 pour soutenir la technologie et les géosciences. La RDC se voit attribuer près de 11 millions d’euros, soit près du quart du financement.
Pour le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), qui coordonne le programme, il s’agit d’accompagner des projets présentant un intérêt pour les partenaires européens. Dans cette perspective, l’UE a annoncé, le même 19 mars, une enveloppe additionnelle de 6 millions d’euros pour finaliser la digitalisation des archives géologiques du Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren, en Belgique. Ce projet de numérisation, engagé depuis 2023, figure parmi les raisons évoquées par Bruxelles pour s’opposer au projet de numérisation des mêmes archives confié par la RDC à l’entreprise américaine KoBold Metals.
Pour l’heure, on ignore le sort qui sera finalement réservé au projet confié à KoBold. « Le sous-sol est un patrimoine de la RDC. Tous les partenaires qui nous aident à mieux connaître notre patrimoine sont les bienvenus. Nous allons travailler avec eux », a commenté le ministre Louis Watum.
Avec ces développements, l’UE renforce son accès aux données géologiques en RDC, devenues un levier stratégique dans la compétition internationale pour les minerais critiques. D’autant que l’entreprise espagnole Xcalibur a également décroché, en début d’année, un marché de 298 millions de dollars pour des travaux de cartographie géophysique aéroportée et géologique du territoire national de la RDC.
Boaz Kabeya
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