Le ministère congolais des Mines a annoncé, le 18 mars 2026, le déploiement d’une mission conjointe de contrôle sur le site de Tenke Fungurume Mining (TFM), filiale du groupe China Molybdenum Company (CMOC), à la suite d’accusations de pollution de l’air affectant des communautés locales dans la province du Lualaba. Selon un communiqué officiel, cette décision fait suite à la publication d’un rapport de l’ONG Environmental Investigation Agency (EIA), qui évoque une dégradation de la qualité de l’air dans la zone entourant la mine.
Pour le ministère, les dénonciations contenues dans le rapport de l’EIA reposent, à ce stade, « essentiellement sur des allégations non vérifiées » par des procédures scientifiques et techniques. La mission est donc déployée afin de procéder à des analyses techniques approfondies, notamment au contrôle de la qualité de l’air, à la conformité des rejets industriels et au respect des normes environnementales et sociales en vigueur. Un rapport détaillé est attendu à l’issue de ces investigations et pourrait, le cas échéant, déboucher sur des mesures administratives, environnementales ou judiciaires.
Selon le communiqué du ministère des Mines, cette mission a été décidée lors d’une réunion de concertation tenue le 18 mars 2026 avec les responsables de la société TFM. À cette occasion, l’entreprise minière a également été invitée à présenter les éléments techniques attestant du respect de ses obligations environnementales.
Dans son rapport, l’EIA cible surtout l’usine de traitement de TFM. C’est dans cette installation, dénommée 30K, que CMOC transforme le minerai de cuivre-cobalt en hydroxyde de cobalt. Présentée comme la plus grande du monde, elle a été mise en service en 2023. Et depuis cette année-là, affirme le document, on observe un niveau élevé de dioxyde de soufre dans la zone ainsi qu’une augmentation des pathologies respiratoires.
L’ONG affirme s’appuyer sur l’analyse de plus de 1 200 dossiers médicaux, évoquant notamment des cas de toux, de bronchites et de pneumonies parmi les populations riveraines et certains travailleurs. De son côté, TFM conteste ces conclusions et rejette tout lien entre ses activités et les problèmes de santé signalés.
Cette mission intervient dans un contexte de renforcement du suivi environnemental dans le secteur minier congolais. En janvier 2026, les autorités avaient notamment exigé des entreprises minières la preuve de la constitution de garanties financières pour la réhabilitation des sites, ainsi que la transmission de leurs plans environnementaux approuvés.
CMOC figure parmi les principales entreprises du secteur en RDC. À travers ses deux filiales, TFM et Kisanfu, le groupe a exporté 747 468 tonnes de cuivre en 2025, selon les statistiques minières provisoires. Ces volumes représentent 22 % des exportations totales de la RDC. CMOC est par ailleurs un important producteur de cobalt. Avant l’embargo de 2025, le groupe avait exporté près de 96 000 tonnes de cobalt, soit près de 50 % des exportations totales du pays.
Ronsard Luabeya
Lire aussi :
Réhabilitation des sites miniers : Kinshasa exige les preuves des garanties financières
Pollution à Lubumbashi : CDM sanctionnée de 12,6 millions de dollars (amende et réparations)









