Un nouveau canal d’exportation formelle de l’or de la République démocratique du Congo (RDC) vers les Émirats arabes unis vient de s’ouvrir. La société émiratie Paradigm Holdings a annoncé, le 28 avril 2026, avoir conclu un accord d’approvisionnement en or avec le gouvernement congolais, dans le cadre de son expansion internationale dans les métaux précieux. À ce stade, les autorités congolaises n’ont pas encore communiqué publiquement les détails de cet accord.
Selon Paradigm Holdings, ce partenariat vise à structurer un réseau d’approvisionnement en or à partir de la RDC, tout en consolidant le rôle des Émirats arabes unis comme plateforme de négoce, de raffinage et de distribution des métaux précieux. L’entreprise présente cet accord comme son troisième partenariat soutenu par un gouvernement africain en moins de deux ans.
Depuis 2023, la RDC cherche à formaliser une partie de son or artisanal à travers Primera Gold DRC, une coentreprise entre l’État congolais et un partenaire émirati. Ce dispositif avait permis d’exporter plus de cinq tonnes d’or artisanal en 2023, pour une valeur supérieure à 300 millions USD, avant que Kinshasa ne reprenne le contrôle total de Primera Gold fin 2024 et ne rebaptise la société DRC Gold Trading.
Le partenariat avec les Émirats s’inscrivait alors dans une stratégie officielle de lutte contre la fraude et la contrebande, particulièrement dans l’est du pays. Mais le modèle Primera Gold a aussi été critiqué pour son opacité, ses avantages fiscaux et sa capacité réelle à assainir les chaînes d’approvisionnement. Des experts de l’ONU avaient notamment relevé que les conditions préférentielles accordées à Primera Gold créaient un quasi-monopole sur les exportations légales d’or artisanal.
Un accord encore peu détaillé
L’arrivée de Paradigm Holdings pourrait donc marquer une nouvelle étape dans la relation aurifère entre Kinshasa et les Émirats. Le communiqué ne précise toutefois ni les volumes concernés, ni la durée de l’accord, ni le régime fiscal applicable, ni l’entité congolaise signataire. Il ne détaille pas non plus les mécanismes de traçabilité, pourtant essentiels dans un secteur exposé à la contrebande, au blanchiment et au financement de groupes armés.
Sur le plan commercial, les Émirats arabes unis figurent déjà parmi les principales destinations de l’or congolais, aux côtés de l’Afrique du Sud. Selon les statistiques minières congolaises pour 2025, près de trois tonnes d’or auraient été exportées vers ce marché, pour une valeur supérieure à 337 millions de dollars.
Basée aux Émirats arabes unis, Paradigm Holdings se présente comme un groupe d’investissement privé actif dans les matières premières, l’immobilier et les énergies propres. L’entreprise indique développer des activités liées à l’extraction, au négoce et à la gestion de métaux précieux, de pierres précieuses et de terres rares, avec une présence au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique du Sud.
Pour la RDC, l’enjeu dépasse la simple ouverture d’un nouveau débouché commercial. Il s’agit de savoir si ce nouveau corridor permettra réellement d’accroître les exportations formelles, de sécuriser les recettes publiques et d’améliorer la traçabilité d’un secteur historiquement dominé par les circuits informels.
Ronsard Luabeya
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