La République démocratique du Congo (RDC) et les Émirats arabes unis (EAU) ont signé, le 2 février 2026 à Abou Dhabi, un accord de partenariat économique global (APEG), assorti de trois mémorandums d’entente. La cérémonie s’est tenue en présence du président congolais Félix Tshisekedi et de son homologue émirati, Son Altesse Cheikh Mohamed ben Zayed Al Nahyane.
Les autorités congolaises indiquent que cet accord vise à « promouvoir des intérêts économiques partagés, en favorisant les investissements dans des secteurs jugés prioritaires ». À travers ce partenariat, Kinshasa et Abou Dhabi ambitionnent de doubler le flux des échanges commerciaux, pour le porter de 5 milliards à 10 milliards de dollars américains d’ici 2030.
Cette projection s’appuie sur la dynamique des échanges bilatéraux observée ces dernières années. D’après les données du ministère congolais du Commerce extérieur, les volumes d’échanges entre les deux pays sont passés de 1,2 milliard de dollars en 2020 à 4,5 milliards de dollars en 2024.
Selon la présidence congolaise, l’APEG prévoit notamment l’ouverture du marché émirati à environ 6 000 produits d’origine congolaise, la réduction des droits de douane en faveur des opérateurs économiques congolais, la sécurisation des transactions commerciales ainsi que le renforcement de la lutte contre la contrebande.
Depuis plusieurs mois, un accord de libre-échange entre les deux pays était en négociation. Il semble avoir été intégré dans l’APEG. Pour faciliter la mise en œuvre du partenariat, les deux parties ont également prévu la création de comités mixtes de suivi.
Mémorandums d’entente
La signature de l’accord a été suivie de trois mémorandums d’entente. Le premier, conclu avec l’Office national des transports (ONATRA), concerne le projet du port en eaux profondes de Banana, situé à Moanda, dans la province du Kongo Central. Les aspects couverts par ce document ne sont pas détaillés. Le projet, en cours de réalisation, fait déjà l’objet d’un partenariat entre la RDC et le groupe émirati DP World. Il vise à doter le pays d’une infrastructure maritime stratégique. Le futur port doit comprendre un quai de 600 mètres, une zone de stockage de 30 hectares et une capacité estimée à environ 450 000 conteneurs, permettant un accès direct à la mer pour les grands navires.
Le deuxième protocole d’accord porte sur le secteur minier. Il vise à renforcer la coopération entre la RDC et les EAU en matière de traçabilité et de sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, adossée à des investissements coordonnés.
Le troisième mémorandum concerne la coopération diplomatique. Il prévoit le renforcement des échanges entre l’Académie diplomatique de la RDC et l’Académie diplomatique Anwar Gargash des Émirats arabes unis, à travers le partage de connaissances, la coordination des programmes de formation et de recherche, ainsi que l’organisation d’événements conjoints.
Ce nouveau cadre s’inscrit dans la continuité des relations commerciales entre les deux pays. En 2023, la RDC et les EAU avaient déjà conclu un partenariat visant un transfert plus transparent et responsable de l’or congolais. Cet accord avait conduit à la création de Primera Gold DRC SA, devenue par la suite DRC Gold Trading, chargée de la collecte et de l’exportation de l’or artisanal.
Selon le ministère du Commerce extérieur, l’entreprise a exporté en 2023 environ 5 tonnes d’or, un volume supérieur à celui enregistré par la RDC au cours des quinze années précédentes. En 2024, les exportations sont estimées entre 7 et 9 tonnes, selon la même source.
Ronsard Luabeya
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