La République démocratique du Congo (RDC) fait son entrée dans Business Ready (B-READY), le nouveau baromètre de la Banque mondiale sur l’environnement des affaires. Les résultats mettent en évidence un contraste : si le cadre réglementaire progresse, la faiblesse des services publics et de l’environnement institutionnel demeure le principal frein à l’attractivité économique du pays.
Dans sa deuxième édition, publiée à la fin du mois de décembre 2025, le nouveau baromètre mondial de l’environnement des affaires de la Banque mondiale — Business Ready (B-READY) —, lancé depuis 2024, intègre la République démocratique du Congo (RDC). Il ressort de ce rapport que les services publics constituent le point faible du pays en matière de facilitation des affaires.
Ce baromètre, qui remplace le Doing Business, évalue les pays sur trois aspects (piliers) :le cadre réglementaire (qualité des lois, règles, procédures…), les services publics (disponibilité et qualité des services chargés d’appliquer ces règles), l’efficacité opérationnelle (réalité sur le terrain : délais, coûts, pratiques).
Chacun de ces piliers est évalué sur l’ensemble des étapes (thèmes) de la vie d’une entreprise : création, implantation, services de base, travail, services financiers, commerce international, fiscalité, règlement des différends, concurrence et insolvabilité. Les notes vont de 0 à 100 points.
Critères d’évaluation

Des résultats contrastés pour la RDC
Pour la RDC, les résultats montrent un contraste marqué : 63,61 sur le cadre réglementaire, 46,97 sur l’efficacité opérationnelle, 26,56 seulement sur les services publics.
En plus d’enregistrer la performance moyenne la plus faible parmi les piliers, les services publics constituent celui où les écarts avec les autres pays du monde sont les plus importants.
Le problème viendrait essentiellement de l’environnement institutionnel. Car si la RDC obtient 55,73 sur les services publics de base, elle reste faible sur plusieurs domaines liés au fonctionnement des institutions, tels que : l’insolvabilité (27,59), la concurrence (33,85), la fiscalité (38,39), la justice commerciale (39,86).
La faiblesse de ces indicateurs a des conséquences directes : elle limite la capacité du pays à attirer des capitaux privés, complique l’accès au crédit et fragilise les entreprises lorsqu’elles doivent gérer un conflit commercial ou une restructuration.
Résultat par pilier

Résultat par thème

Une note aussi faible en matière d’insolvabilité signifie concrètement une capacité limitée de restructuration, des coûts de défaut élevés, ainsi qu’un recouvrement lent et incertain. Cela contribue à expliquer le coût élevé du crédit, la faible profondeur financière et la quasi-absence de financement à long terme en RDC.
En matière de concurrence, le faible score traduit, en pratique, un manque de prévisibilité sur l’égalité des règles du jeu, des barrières à l’entrée, des distorsions, ainsi que des mécanismes insuffisants de lutte contre les abus.
Renforcer les capacités administratives
Les scores sur la fiscalité et la justice reflètent, quant à eux, un niveau élevé d’incertitude et des coûts de transaction importants. Une fiscalité imprévisible alimente le contentieux, tandis qu’une justice peu efficace rend ce contentieux plus risqué.
Le B-READY 2025 montre que la RDC peut améliorer son attractivité sans nécessairement changer toutes les lois. Selon la Banque mondiale, le vrai enjeu est de parvenir à rééquilibrer l’effort entre la norme et la mise en œuvre. Le rapport rappelle que les pays peuvent adopter des règles ambitieuses, mais restent pénalisés s’ils ne disposent pas des capacités administratives et opérationnelles nécessaires pour les rendre effectives.
Pour la RDC, le basculement viendra donc de réformes d’exécution : digitalisation des procédures, transparence, simplification, accès effectif aux services administratifs et réduction des délais.
Pierre Mukoko
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