La compagnie aérienne nationale Air Congo a annoncé, via ses canaux officiels le 25 février 2026, l’ouverture de cinq premières lignes africaines à partir du mois de mars 2026.
Cette annonce intervient près d’une semaine après la réception d’un nouvel appareil de type Boeing 737-800, portant la flotte à trois avions du même modèle. Le ministère des Transports avait déjà indiqué que cet appareil s’inscrivait dans une stratégie d’ouverture vers de nouvelles destinations régionales.
Les nouvelles dessertes concernent Entebbe et Johannesburg dès le 22 mars, Cotonou et Douala à partir du 28 mars, ainsi que Dar es Salaam dès le 4 avril 2026. La compagnie, détenue à 51 % par l’État congolais et à 49 % par Ethiopian Airlines, marque ainsi sa présence en Afrique centrale, orientale et australe.
Concurrence sur l’axe Kinshasa–Entebbe
Avec l’ouverture de la ligne Kinshasa–Entebbe, Air Congo se positionne sur un axe déjà exploité par Uganda Airlines, qui y opère six rotations hebdomadaires. La compagnie ougandaise traverse toutefois une période marquée par des difficultés opérationnelles, notamment des annulations de vols et des retards de bagages signalés ces derniers mois.
À ces contraintes s’ajoute l’immobilisation, depuis le 20 février, de deux aéronefs de type Airbus A330-800neo pour des problèmes de maintenance, réduisant temporairement la capacité long-courrier du transporteur et accentuant les tensions sur la planification des vols. Cette situation intervient alors que la flotte demeure limitée et que la demande régionale reste soutenue.
Dans une correspondance datée du 13 février 2026, le président ougandais Yoweri Museveni a instruit son ministre des Transports de confier l’intérim de la direction générale à Girma Wake, ancien directeur général d’Ethiopian Airlines. Cette décision vise à corriger les faiblesses de gestion identifiées au sein du transporteur public ougandais.
Sur la liaison Kinshasa–Dar es Salaam, Air Congo rejoint Air Tanzania, qui opère quatre fréquences hebdomadaires depuis avril 2025. La compagnie s’était d’abord implantée en RDC via Lubumbashi avant d’étendre ses opérations vers la capitale congolaise.
Monopole sur l’axe Kinshasa–Douala
En revanche, pour rejoindre Douala (Cameroun) ou Cotonou (Bénin), les voyageurs doivent actuellement transiter par Addis-Abeba (Éthiopie), Lomé (Togo) ou Abidjan (Côte d’Ivoire). L’instauration de lignes directes depuis la RDC serait donc favorablement accueillie par une clientèle en quête de gains de temps.
Ce monopole pourrait toutefois être de courte durée, notamment sur la liaison Kinshasa–Douala. La compagnie publique camerounaise Camair-Co prépare en effet l’ouverture d’une ligne vers Kinshasa, initialement annoncée pour la fin de l’année 2025.
Fondée en 2024, Air Congo desservait jusqu’ici des destinations domestiques, notamment Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Mbuji-Mayi, Kananga, Kindu et Kolwezi, avec deux Boeing 737-800. Lors du forum Makutano l’an dernier, le ministre Jean-Pierre Bemba indiquait que la compagnie enregistrait des taux de remplissage compris entre 80 % et 100 %, un niveau qui aurait conforté la direction dans sa décision d’élargir son réseau régional.
La compagnie a également annoncé l’arrivée, dès le mois prochain, d’un appareil de type ATR 72-600 destiné au renforcement du réseau intérieur. Cet avion permettra de desservir Beni, Bunia, Isiro, Gbadolite, Mbandaka et Kalemie.
Timothée Manoke
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