La République démocratique du Congo (RDC) et l’Afrique du Sud prévoient de relancer, en avril 2026, leurs discussions autour du projet hydroélectrique Inga 3, selon une communication du ministère congolais des Ressources hydrauliques et Électricité publiée le 12 mars. D’après ce texte, le ministre sud-africain de l’Électricité et de l’Énergie, Kgosientsho Ramokgopa, a confirmé une visite officielle en RDC afin de poursuivre les travaux liés au renouvellement et à l’actualisation des instruments de coopération énergétique autour du projet.
Un mémorandum d’entente politique existe déjà entre la RDC et l’Afrique du Sud. Il porte sur l’exportation de 2 500 MW, indique la Banque mondiale dans le document de projet d’Inga 3. L’institution précise également que les deux pays doivent poursuivre les discussions en vue de renouveler cet accord et de porter ces exportations à 5 000 MW.
La Banque mondiale souligne par ailleurs que le développement d’Inga 3 pourrait transformer la place de la RDC dans le commerce régional de l’électricité, en permettant au pays d’approvisionner non seulement son marché intérieur, mais aussi plusieurs bassins électriques africains, dont le SAPP, l’EAPP et le CAPP. Elle présente le projet comme un levier potentiel de revenus d’exportation, mais aussi comme un instrument de sécurisation de l’offre pour Kinshasa et pour le corridor industriel lié au site d’Inga.
Toujours selon la communication du ministère congolais, les autorités s’apprêtent également à signer un protocole d’accord avec l’ADPI afin de faire progresser la structuration du financement d’Inga 3 avec l’appui de la Banque mondiale. Le 2 février 2026 déjà, l’Agence française de développement (AFD) et l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga (ADPI) ont signé à Kinshasa un protocole d’accord destiné à accompagner la préparation du projet.
À ce stade, Inga 3 reste un projet en préparation. La Banque mondiale rappelle que ses caractéristiques finales ne sont pas encore figées et que les options étudiées vont d’environ 4 800 MW à 11 000 MW, pour un coût qui devrait dépasser 10 milliards de dollars. L’institution insiste sur la nécessité non seulement de préparer le projet, mais aussi de préparer le pays à ce projet, compte tenu de son ampleur institutionnelle, sociale, territoriale et financière.
C’est dans cette logique qu’a été mis en place le Programme de développement d’Inga 3, adossé à une enveloppe de 1 milliard de dollars de la Banque mondiale sur une période de dix ans, structurée en quatre phases de 250 millions de dollars. La première tranche a été approuvée le 3 juin 2025.
En attendant une décision d’investissement, les démarches en cours traduisent surtout une volonté de Kinshasa de réactiver les partenariats diplomatiques, techniques et financiers autour d’un projet qui demeure, pour les autorités congolaises, au cœur de la stratégie énergétique nationale.
Ronsard Luabeya
Lire aussi :
Inga III : l’AFD s’engage aux côtés de la Banque mondiale pour préparer la RDC au projet









