L’Agence française de développement (AFD) et l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga (ADPI) ont signé, le 2 février 2026 à Kinshasa, un protocole d’accord. Selon Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, ce protocole porte sur la préparation de la République démocratique du Congo (RDC) à accueillir le projet hydroélectrique Inga III.
Cette préparation s’articule autour de quatre axes : la formation professionnelle et l’enseignement supérieur, afin de faire de la jeunesse l’acteur principal de cette dynamique ; l’agriculture, pour promouvoir une croissance inclusive et une sécurité alimentaire durable ; le renforcement des capacités institutionnelles, gage d’une gouvernance robuste et transparente ; et enfin le développement spatial, en vue d’une planification harmonieuse du territoire.
« À ce stade, la France va investir dans la préparation de ce projet : la formation des ingénieurs, la formation des opérateurs qui vont pouvoir développer ce projet… », a-t-elle précisé lors d’une interview sur France 24, sans avancer de montant. Elle a par ailleurs dit espérer que, le moment venu, des entreprises françaises répondront aux appels d’offres pour la construction proprement dite de la centrale hydroélectrique.
Inga III est un projet gigantesque. Il devrait doter le pays d’une capacité installée de plusieurs milliers de mégawatts, pour un investissement qui devrait dépasser les 10 milliards de dollars et s’étaler sur une dizaine d’années. Compte tenu de son envergure, la Banque mondiale estime qu’il faut « préparer le projet pour le pays, mais aussi préparer le pays pour le projet ».
PDI 3 au cœur du dispositif
Pour ce faire, un Programme de développement d’Inga III (PDI 3) a été mis en place et devrait s’étaler sur plusieurs années. Il est notamment question de former une main-d’œuvre locale, de doter les zones d’influence du projet d’infrastructures et de capacités de production, notamment agricoles. Le programme couvre aussi la réalisation des études techniques, sociales, environnementales, financières et juridiques ; la structuration du projet ; l’élaboration de la stratégie de financement et des dispositifs juridiques et de gouvernance nécessaires au bouclage financier.
Pour la mise en œuvre du PDI 3, la Banque mondiale a prévu une enveloppe d’un milliard de dollars, à décaisser sur 10 ans et en quatre tranches de 250 millions de dollars. La première a été approuvée en juin dernier. Le protocole d’accord signé avec l’AFD s’inscrit dans la même dynamique.
En novembre dernier, lors de l’édition 2025 du forum Makutano, le directeur général de l’ADPI, Bob Mabiala Mvumbi, avait fait un point sur la mise en œuvre du programme. Il avait notamment indiqué que l’agence s’apprête à réhabiliter plusieurs écoles techniques situées sur le corridor entre l’océan Atlantique et Kinshasa, afin d’y préparer la main-d’œuvre destinée au chantier ; que l’Institut national de préparation professionnelle (INPP) est mobilisé pour les même besoins de formation; et que des laboratoires spécialisés — notamment en hydraulique — seront équipés au sein des facultés polytechniques.
Le DG de l’ADPI avait également précisé que des bourses seront octroyées, en collaboration avec l’AFD, pour soutenir les étudiants des filières techniques concernées par le projet. Certains d’entre eux devraient d’ailleurs séjourner dès cette année sur le site, afin de participer aux travaux préliminaires et d’acquérir une expérience directe sur ce chantier d’envergure, le début des études géologiques et géotechniques étant annoncé au troisième trimestre.
Boaz Kabeya et Timothée Manoke
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