La République démocratique du Congo (RDC) explore la possibilité de s’approvisionner auprès de la raffinerie Dangote, au Nigeria, dans un contexte de tensions sur le marché des produits pétroliers. Dans une communication publiée le 14 avril 2026, le ministère de l’Économie nationale indique que le vice-Premier ministre Daniel Mukoko Samba a effectué une mission au Nigeria afin d’identifier des solutions pour sécuriser l’approvisionnement du pays.
Une réunion a notamment été tenue avec l’homme d’affaires Aliko Dangote, avec pour objectif d’étudier la possibilité d’un approvisionnement direct du marché congolais. Selon la même source, Daniel Mukoko Samba a également eu des échanges avec le président du groupe UBA, Tony Elumelu, et son directeur général, Oliver Alawuba, au sujet du financement des importations des produits pétroliers.
Selon le ministère, cette démarche vise à diversifier les sources d’approvisionnement, à réduire la dépendance à un circuit unique et à renforcer la capacité d’anticipation face aux évolutions du marché international. Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient en février dernier, les marchés pétroliers internationaux sont en effet soumis à de fortes tensions.
Située à Lekki, la raffinerie Dangote dispose d’une capacité de production estimée à 650 000 barils par jour, ce qui en fait la plus grande installation de raffinage du continent. Toutefois, une large part de cette production est destinée au marché domestique nigérian, ce qui limite les volumes disponibles pour l’exportation.
La RDC est, en outre, en concurrence avec plusieurs pays africains qui se tournent vers cette raffinerie pour sécuriser leurs approvisionnements. Selon Bloomberg, l’Afrique du Sud et le Kenya ont engagé des démarches en ce sens. Par ailleurs, des cargaisons de produits raffinés en provenance de Dangote ont déjà été livrées à plusieurs pays du continent, notamment le Ghana, le Togo, le Cameroun, la Tanzanie et la Côte d’Ivoire, selon des informations relayées par des médias spécialisés, dont Agence Ecofin.
Dans ces conditions, les volumes disponibles pour de nouveaux marchés restent limités, ce qui réduit la marge de manœuvre de pays comme la RDC. Selon le rapport annuel 2023 de la Banque centrale du Congo, le pays a consommé 2 804 698 m³ de produits pétroliers en 2023, soit 17,64 millions de barils, ce qui représente une moyenne de plus de 48 000 barils par jour. De l’avis même des autorités, ces volumes ont depuis largement augmenté, même si des chiffres plus récents n’ont pas encore été publiés.
Timothée Manoke
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