Lors du Conseil des ministres du vendredi 29 mai 2026, le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, a annoncé au gouvernement sa décision de mettre en place une Task Force pluridisciplinaire dédiée à la salubrité et à l’assainissement de la ville de Kinshasa.
Placée sous son autorité directe, cette structure sera pilotée par le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national. Le chef de l’État lui confie ainsi la mission de coordonner la lutte contre l’insalubrité dans la capitale congolaise.
Cette décision intervient après une visite effectuée par le président de la République dans différents quartiers de Kinshasa, notamment aux abords du Grand Marché, où il a constaté la persistance de problèmes d’insalubrité.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres, le chef de l’État estime que les mécanismes actuellement en place sont marqués par une insuffisance d’anticipation et de coordination, des lenteurs opérationnelles ainsi qu’un déficit de discipline dans l’exécution des missions.
Pour y remédier, Félix Tshisekedi souhaite instaurer une approche fondée sur la discipline paramilitaire, la responsabilité collective, la culture du résultat et une coordination renforcée des interventions.
Missions
La Task Force réunira des experts du Service national ainsi que des représentants des ministères de l’Intérieur, de la Défense nationale, de l’Urbanisme et Habitat, de la Santé publique, de l’Environnement, des Infrastructures et Travaux publics, sans oublier l’Hôtel de Ville de Kinshasa.
Cette structure aura notamment pour missions d’élaborer un plan permanent de salubrité et d’assainissement pour Kinshasa, d’identifier et de traiter les principaux points critiques d’insalubrité, de coordonner les opérations de terrain, de proposer des mesures de discipline urbaine et de civisme environnemental, ainsi que de veiller à la sensibilisation de la population et à l’application des décisions prises.
Militaire de carrière, Jean-Pierre Kasongo Kabwik affirme totaliser plus de trente ans de service au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo. Dans une interview accordée en mars 2026, il explique avoir gravi progressivement tous les échelons, du grade de sous-lieutenant à celui de lieutenant-général.
Au cours de sa carrière, il indique avoir servi notamment au sein de la Garde républicaine, à la Maison militaire du président de la République, au ministère de la Défense, dans les forces terrestres ainsi qu’au sein d’une commission placée sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. Il précise diriger le Service national depuis juillet 2018.
Le choix du général Kasongo Kabwik s’inscrit dans le prolongement des réalisations attribuées au Service national depuis sa relance. Créée en 1997 sous la présidence de Laurent-Désiré Kabila, cette institution a connu une nouvelle dynamique à partir de 2020, avec pour missions l’encadrement de la jeunesse, la production agricole et la participation aux efforts de reconstruction nationale.
Kaniama Kasese comme vitrine
Sous la direction de Jean-Pierre Kasongo Kabwik, le centre de Kaniama Kasese, dans la province du Haut-Lomami, est devenu la principale vitrine du Service national. Selon les chiffres communiqués par son commandement, les superficies cultivées sont passées de 250 hectares en 2018 à 5 000 hectares en 2024. La production de maïs est, quant à elle, passée de 1 000 tonnes en 2019 à 16 000 tonnes en 2024.
Pour la saison agricole 2025-2026, le Service national annonce une récolte de 40 000 tonnes de maïs, dont le lancement officiel est attendu dans les prochains jours.
Au-delà de la production agricole, le modèle développé à Kaniama Kasese repose également sur la réinsertion sociale de jeunes anciennement impliqués dans la délinquance urbaine, communément appelés « Kuluna ». Après une formation civique, patriotique et professionnelle, ces derniers participent aux activités agricoles ainsi qu’à la construction d’infrastructures.
Selon les responsables du Service national, les bâtiments, routes, logements et équipements publics réalisés sur le site ont été construits avec la participation de ces jeunes, désormais qualifiés de « bâtisseurs de la nation ».
Le Service national affirme également avoir développé des activités dans plusieurs domaines, notamment l’élevage, la pisciculture, la construction d’infrastructures et la formation professionnelle. Dans le cadre de sa stratégie 2026-2030, l’institution prévoit d’étendre ce modèle à plusieurs provinces du pays en combinant centres de production et centres de formation.
La nomination de Jean-Pierre Kasongo Kabwik à la tête de la Task Force chargée de la salubrité de Kinshasa traduit ainsi la volonté du chef de l’État de s’appuyer sur une structure qu’il considère comme capable de produire des résultats opérationnels sur le terrain.
Après les défis liés à la production agricole, à la réinsertion sociale et à la construction d’infrastructures, le Service national est désormais appelé à contribuer à la transformation du cadre de vie dans la capitale congolaise.
Timothée Manoke
Lire aussi :
Gestion des déchets : Kinshasa se tourne de nouveau vers Averda









