Avec la fin de la concession de la société Fina Log le 31 décembre 2025, un nouvel acteur a fait son entrée dans la chaîne logistique pétrolière entre Matadi et Kinshasa, axe de transit de l’ensemble des carburants consommés dans la zone ouest, qui représente une large part du marché de la République démocratique du Congo (RDC), ainsi qu’environ 80 % des carburants destinés à la République centrafricaine (RCA). Il s’agit de l’Entreprise nationale de gestion des infrastructures pétrolières (ENGIP). Créée en janvier 2026, cette société publique a repris les actifs de Fina Log — pipelines, stations de pompage et dépôts — revenus gratuitement à l’État congolais.
Le 7 avril 2026, la nouvelle entreprise publique a signé de nouveaux contrats d’exploitation de ces infrastructures avec SEP Congo, opérateur historique de la chaîne logistique pétrolière entre Matadi et Kinshasa. « Ces accords n’affectent en rien la structure des prix. Ils pourraient, au contraire, contribuer à la réduction des coûts logistiques et renforcer la stabilité des prix », a indiqué à cette occasion le directeur général d’ENGIP, Richard Beya Ilunga, selon des propos rapportés par Actualite.cd.
La structure officielle des prix des carburants en RDC pour la zone ouest, arrêtée en décembre 2025, met en évidence le poids déterminant des coûts logistiques dans le prix final payé par les consommateurs. Pour l’essence, les frais de distribution atteignent 724,03 francs congolais (FC) par litre, pour un prix à la pompe de 2 440 FC. Cela représente près de 30 % du prix final. Pour le pétrole, ces coûts s’élèvent à 516,06 FC par litre, soit environ 24 % d’un prix à la pompe de 2 130 FC. Pour le gasoil, ils atteignent 688,78 FC par litre pour un prix à la pompe de 2 430 FC, soit 28,3 % du prix final. À lui seul, SEP Congo représente 192,79 FC par litre, soit environ 8 à 9 % du prix final et plus d’un quart des coûts logistiques.
Zones d’ombre
Au regard de cette structure des prix, la logistique constitue le deuxième poste de coût après l’approvisionnement international. Une réduction des coûts logistiques pourrait ainsi renforcer la stabilité des prix, un levier important alors que la guerre au Moyen-Orient fait peser des incertitudes sur les cours mondiaux des produits pétroliers. Pour l’heure, il reste néanmoins difficile d’avoir de la visibilité sur la baisse des coûts logistiques évoquée, le contenu des contrats entre ENGIP et SEP Congo n’ayant pas été rendu public.
« Ces accords nous permettront de travailler dans un climat de sérénité, avec pour objectif d’obtenir des résultats bénéfiques pour notre entreprise, les ministères concernés et surtout pour les citoyens », a indiqué le directeur général de SEP Congo, Malick Ndiaye. Ce dernier, cité par Actualite.cd, a ajouté que les négociations avaient duré plusieurs mois, sans plus de détails.
Une chose est certaine : devenu propriétaire à 100 % des actifs sur le corridor Matadi–Kinshasa, contre 40 % avant la fin de la concession de Fina Log, l’État, à travers ENGIP, dispose désormais d’une marge de manœuvre accrue pour influer sur les coûts logistiques. Il doit néanmoins composer avec la nécessité de garantir la continuité du service, ce qui suppose d’assurer la maintenance et de développer les infrastructures. Cela implique aussi de mobiliser des ressources, notamment pour réaliser de nouveaux investissements. Pour l’instant, la stratégie d’ENGIP pour concilier l’ensemble de ces enjeux n’a pas encore été précisée.
Pierre Mukoko et Ronsard Luabeya
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