Facebook Bankable LinkedIn Bankable
Twitter Bankable WhatsApp Bankable
Bankable
Bankable

PLUS LUS

Carburants : Kinshasa prépare l’opinion à une possible hausse des prix à la pompe

Carburants : Kinshasa prépare l’opinion à une possible hausse des prix à la pompe

Face aux tensions provoquées sur le marché mondial des hydrocarbures par la guerre au Moyen-Orient, la République démocratique du Congo (RDC) envisage un ajustement des prix des produits pétroliers. C’est ce qui ressort d’une réunion tenue le jeudi 2 avril 2026 entre la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, la ministre d’État en charge des Hydrocarbures, Acacia Bandubola, et le ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba (photo). À l’issue de cette rencontre, le ministre de l’Économie a indiqué que le gouvernement suivait de près l’évolution de l’approvisionnement du pays en carburants, dans un contexte international marqué par de fortes perturbations.

« Nous devons prendre toutes les dispositions nécessaires pour que le pays continue à recevoir les produits pétroliers dont nous avons besoin, mais également pour que leur disponibilité soit pérenne. Et cela passe bien sûr par l’ajustement probable du prix des produits pétroliers pour que nous ne soyons pas en déphasage par rapport à ce qui se passe dans le reste du monde », a déclaré Daniel Mukoko Samba. Il a ajouté que l’exécutif entendait également préserver la stabilité du marché intérieur. « Autour de nous, on assiste à des révisions à la hausse des prix des produits pétroliers », a-t-il souligné.

Cette communication intervient alors que le gouvernement tente de concilier la continuité de l’approvisionnement et la préservation du pouvoir d’achat. Dès le mois de mars, la Première ministre avait instruit une série de mesures dérogatoires et temporaires pour amortir le choc extérieur.

Parmi elles figurent notamment la réduction de certaines taxes, la suspension de certaines redevances aux frontières ainsi que des aménagements destinés à garantir la régularité des importations. L’objectif affiché était de limiter l’impact de la flambée internationale sur les prix à la pompe, tout en sécurisant l’arrivée des cargaisons sur le marché congolais.

La « vérité des prix » déjà appliquée aux miniers

Dans les faits, un ajustement a déjà été acté sur certains segments. Le 17 mars 2026, le Comité de suivi des prix des produits pétroliers a validé une nouvelle structure tarifaire dans la zone Sud, destinée aux sociétés minières et à leurs sous-traitants, exclus du mécanisme de subvention. Dans cette zone, le prix du litre de gasoil est passé de 1,70 à 2,43 dollars, soit une hausse de près de 43 %. Celui de l’essence a été relevé de 1,60 à 2,08 dollars, soit une augmentation de 30 %.

Ces opérateurs s’approvisionnent désormais à la « vérité des prix », dans un contexte marqué par la forte hausse des cours internationaux. Depuis le début de l’année, les prix du baril de Brent se sont oscille autour de 100 dollars, contre 60 à 70 dollars en moyenne avant le début du conflit.

Au-delà de la RDC, plusieurs pays de la sous-région sont confrontés aux mêmes tensions. En Zambie, les autorités ont déclaré une situation d’urgence sur l’approvisionnement en carburant et décidé, à titre temporaire, de suspendre certains prélèvements fiscaux sur les importations de produits pétroliers afin de contenir la hausse des prix.

Au Kenya, autre corridor stratégique pour l’approvisionnement de l’est de la RDC, les autorités ont récemment fait état d’une couverture limitée des stocks disponibles. Nairobi envisage de mobiliser son fonds de stabilisation pour amortir l’impact de la hausse attendue des prix, tout en reconnaissant que cette intervention ne pourra être que temporaire.

En Afrique du Sud également, la montée des cours mondiaux et le renchérissement des coûts logistiques alimentent les tensions sur le marché des carburants, dans un environnement régional marqué par une forte volatilité.

Dans ce contexte, Kinshasa semble s’orienter vers une stratégie d’ajustement prudent, destinée à éviter une rupture d’approvisionnement sans provoquer de choc brutal sur les autres marchés. Pour l’heure, le gouvernement ne parle pas encore d’une hausse générale immédiate à la pompe. Mais le message envoyé est clair : si les tensions internationales persistent, un réajustement des prix des carburants en RDC devient de plus en plus probable.

Timothée Manoke 

Lire aussi :

Carburants : les stations-service sous pression à Kinshasa malgré les assurances des autorités

Réserves de change : la guerre au Moyen-Orient menace les objectifs de la RDC

 

Abonnez-vous à notre newsletter (gratuit)

Chaque jour, recevez les actualités et les analyses de la rédaction de Bankable.


gecamines-baraka-kabemba-a-l-epreuve-du-partenariat-rdc-etats-unis
Près de trois semaines après la première réunion du Comité de pilotage conjoint (CPC) du partenariat stratégique entre la République démocratique du Congo...
olivier-binyingo-kamoa-copper-nous-allons-vers-une-penurie-structurelle-de-cuivre
En 2025, le développement du complexe cuprifère de Kamoa-Kakula, le plus grand de la République démocratique du Congo (RDC), a été marqué par deux...
are-soraya-aziz-face-aux-defis-de-l-attractivite-des-investissements-prives
La régulation du secteur électrique en République démocratique du Congo (RDC) change de visage. Selon des ordonnances présidentielles lues le 23 février...
office-congolais-de-controle-etienne-tshimanga-suspendu-pour-faute-de-gestion
La suspension à titre conservatoire du directeur général de l’Office congolais de contrôle (OCC), Étienne Tshimanga, a été rendue publique après la...

 
 

PLUS LUS

Please publish modules in offcanvas position.