Le gouvernement congolais explore une nouvelle formule pour accélérer la construction d’infrastructures sociales en province. Le 13 mai 2026, le ministre d’État au Plan, Guylain Nyembo, a échangé avec le consortium sino-canadien ANG autour d’un programme intégré visant la construction de logements sociaux, d’hôpitaux et d’équipements collectifs dans plusieurs territoires de la RDC.
Selon la communication du ministère du Plan, ce programme repose sur une approche de développement « partant des provinces ». Une première phase pilote est envisagée dans le Tanganyika, sans que le coût, le calendrier, le montage financier ou le cadre juridique du projet ne soient encore précisés.
À ce stade, peu d’informations publiques permettent d’établir précisément la composition du consortium sino-canadien ANG. Le ministère du Plan le présente comme un acteur spécialisé dans la construction industrielle et l’immobilier en mode préfabriqué.
Son représentant cité dans la communication officielle est Augustin Kamangu Yuma, présenté comme architecte et responsable d’ANG Canada. Augustin Kamangu Yuma figure dans l’annuaire de l’Ordre des architectes en France. Il apparaît aussi comme associé fondateur et vice-président Conception & Design de Greenbox Innovation, une structure active dans la construction innovante. Ces éléments confirment un profil lié à l’architecture et au bâtiment, mais ne permettent pas encore de documenter la capacité financière ou industrielle du consortium ANG.
Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large : la multiplication de projets présentés comme intégrés, combinant logements, infrastructures publiques, équipements collectifs et parfois activités industrielles.
En septembre 2025, un consortium qatari conduit par Al Mansour Holding avait signé plusieurs protocoles d’accord avec le gouvernement congolais pour des projets annoncés dans les logements sociaux, les infrastructures urbaines, la santé, l’industrie pharmaceutique et l’aménagement de Kinshasa.
Dans le Tanganyika, les autorités provinciales avaient également signé, en juillet 2025, un mémorandum avec le groupe égyptien Mahmoud Samih Holding pour développer une ville nouvelle à Kalemie, avec logements sociaux, infrastructures sanitaires, voiries et parc industriel.
À Kinshasa, le projet Cité-Jardin de la Nsele prévoit la construction de 5 800 logements dans le cadre d’un partenariat public-privé avec Modern Construction. Dans la Tshopo, le projet d’agropole porté avec ETIC International Africa Holdings prévoit aussi un développement intégré autour de 100 000 hectares, avec infrastructures agricoles, logements, transport et stockage.
Ces projets répondent à un besoin réel. Le déficit national en logements est régulièrement estimé à plusieurs millions d’unités. Mais leur multiplication pose aussi une question centrale : la capacité de l’État à transformer ces annonces en projets financés, contractualisés et effectivement exécutés.
Boaz Kabeya
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