La Banque centrale du Congo (BCC) a entamé la constitution de ses réserves en or monétaire avec la réception des premiers stocks d’or brut d’origine artisanale fournis par la société publique DRC Gold Trading SA. Selon l’institution, cet or devra ensuite être transformé en or monétaire.
Dans une communication du Comité de politique monétaire publiée le 9 avril 2026, le gouverneur André Wameso a indiqué que cette orientation vise notamment à « diversifier les réserves internationales, renforcer la confiance dans la politique monétaire et constituer un matelas de sécurité face aux fluctuations des marchés ».
L’opération s’inscrit dans le cadre du partenariat conclu en février 2026 entre la BCC et DRC Gold Trading, qui prévoit l’achat d’une partie de la production aurifère issue de l’exploitation artisanale. Jusqu’à présent, les réserves officielles de la République démocratique du Congo étaient principalement constituées de devises étrangères, notamment le dollar américain, sans composante significative en or physique.
Le dispositif repose sur un circuit centralisé : DRC Gold Trading assure la collecte, la certification et la traçabilité de l’or avant sa cession à la Banque centrale, qui l’intègre ensuite dans ses réserves sous forme d’or monétaire. DRC Gold Trading ambitionne de canaliser cette année jusqu’à 15 tonnes d’or artisanal, contre 2,3 tonnes l’année dernière.
À travers ce mécanisme, la BCC ambitionne de se positionner comme un acheteur de référence afin de capter une production encore largement orientée vers les circuits informels. L’efficacité du dispositif dépendra notamment de l’attractivité des conditions d’achat proposées aux producteurs, face à la concurrence des filières parallèles.
En parallèle, les autorités congolaises travaillent à la mise en place d’un système national de traçabilité et de centralisation des flux. Proposé par le président Félix Tshisekedi lors du Conseil des ministres du 20 février 2026, ce mécanisme vise à interconnecter les comptoirs agréés avec la BCC et l’administration minière, afin de sécuriser les transactions, de centraliser les paiements dans le circuit bancaire formel et d’assurer un suivi en temps réel des volumes commercialisés.
Ronsard Luabeya
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