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Conflit à l’est de la RDC : Washington sanctionne l’armée rwandaise pour son soutien au M23

Conflit à l’est de la RDC : Washington sanctionne l’armée rwandaise pour son soutien au M23

Le département du Trésor des États-Unis a annoncé, le 2 mars 2026, une nouvelle série de sanctions visant les Rwanda Defence Force (RDF) et quatre hauts responsables militaires. La décision, prise par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), s’inscrit dans le cadre des mesures américaines contre les acteurs accusés de menacer la paix et la stabilité dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Selon le Trésor américain, l’armée rwandaise apporterait un appui direct au Mouvement du 23 mars (M23), un groupe armé déjà sanctionné par les États-Unis depuis 2013 et également visé par des sanctions onusiennes. Washington affirme que ce soutien — militaire, logistique et technologique — a contribué aux offensives du M23 et à sa consolidation sur plusieurs zones de l’est congolais, dont Goma, Bukavu et Rubaya, présenté par le Trésor comme un hub minier stratégique.

Les autorités américaines évoquent le déploiement d’équipements militaires avancés — dont des capacités de brouillage GPS, des moyens de défense aérienne et des drones — ainsi que la présence de soldats rwandais sur le terrain.

Le Trésor américain estime que ces opérations ont été associées à de graves violations des droits humains attribuées au M23, notamment des exécutions sommaires et des violences contre des civils.

Ces sanctions interviennent après la signature, le 4 décembre 2025, des Washington Accords for Peace and Prosperity entre la RDC et le Rwanda, sous médiation américaine. Selon l’Associated Press, les États-Unis considèrent que la poursuite des offensives constitue une remise en cause des engagements pris dans ce cadre.

Outre l’institution militaire, quatre officiers supérieurs sont sanctionnés individuellement : Vincent Nyakarundi (chef d’état-major de l’armée), Ruki Karusisi (major général), Mubarakh Muganga (chef d’état-major des forces de défense) et Stanislas Gashugi (commandant des forces spéciales).

Concrètement, tous les biens et intérêts détenus par les personnes et entités sanctionnées aux États-Unis — ou sous contrôle de ressortissants américains — sont gelés. Toute transaction impliquant ces acteurs est interdite, sauf dérogation accordée par l’OFAC. Les entités détenues à 50 % ou plus par des personnes désignées sont également concernées.

Le Trésor rappelle que les institutions financières et les entreprises, y compris non américaines, s’exposent à des sanctions en cas de violation ou de contournement des mesures. Washington précise toutefois que l’objectif n’est pas punitif mais vise un changement de comportement, une radiation demeurant possible sous conditions. Kigali a dénoncé des sanctions qu’il juge « injustes » et accusant une lecture biaisée du conflit.

Boaz Kabeya

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