Les réseaux de télécommunications en République démocratique du Congo (RDC) connaissent depuis quelques jours des perturbations, selon le régulateur du secteur. Dans un communiqué publié le mercredi 14 janvier, l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) indique que ces dysfonctionnements sont liés à « une panne technique générale » sur la liaison internationale sous-marine à fibre optique West Africa Cable System (WACS), qui relie l’Europe au continent africain et dont l’incident « impacte les services Internet » dans le pays.
L’ARPTC précise que des opérations de maintenance sont en cours afin de rétablir les services « dans les meilleurs délais ». Elle indique également travailler avec les opérateurs télécoms à la mise en œuvre de « mesures appropriées de prise en charge des abonnés », conformément aux dispositions applicables en cas de force majeure.
Cette panne relance des interrogations sur la robustesse de l’infrastructure numérique de la RDC, alors même que les autorités font des TIC un levier du développement socio-économique. Le WACS est l’une des principales liaisons sous-marines internationales utilisées pour l’accès au réseau Internet mondial. La RDC dispose aussi du câble 2Africa, dont l’atterrissement à Muanda a été rapporté en septembre 2023, avec une mise en service commerciale annoncée pour fin 2025.
Le pays s’appuie par ailleurs sur des interconnexions terrestres régionales, notamment une liaison fibre évoquée via le lac Albert vers l’Ouganda, selon la presse spécialisée. Il n’est donc pas exclu que la RDC soit aussi affectée par la coupure de la connexion en Ouganda, décidée à la veille des élections présidentielle et législatives qui se tiennent ce 15 janvier.
Sur le plan des investissements, les autorités ont récemment communiqué sur la signature d’un partenariat de 150 millions de dollars avec la société d’investissement United Investment LMT (UIL), basée à Maurice, présenté comme visant à renforcer l’infrastructure numérique. Les éléments publics disponibles mettent l’accent sur des investissements de connectivité et d’infrastructures, sans que l’installation effective d’un nouveau câble sous-marin international ne soit, à ce stade, explicitement documentée de manière uniforme dans les informations accessibles.
L’épisode rappelle les vulnérabilités mises en évidence lors des coupures majeures survenues sur plusieurs câbles sous-marins en mars 2024, qui avaient provoqué de fortes perturbations dans plusieurs pays africains. À l’époque, parmi les pistes régulièrement évoquées par des analystes et des acteurs du secteur figuraient la diversification des routes de câbles et le recours à des solutions satellitaires.
Cette dernière option est notamment mise en avant par la Global System for Mobile Communications Association (GSMA), qui présente le satellite comme un complément possible des réseaux terrestres et un levier de résilience. À titre d’exemple, le Zimbabwe, pays enclavé sans accès direct à un point d’atterrissement de câble sous-marin, a indiqué explorer des partenariats avec des fournisseurs de connectivité en orbite terrestre basse (LEO), selon des annonces relayées publiquement. La RDC porte également un projet de satellite de télécommunications, présenté comme un axe de souveraineté et de connectivité.
Cette communication de l’ARPTC intervient enfin après des instructions du président de la République, Félix Tshisekedi, demandant aux autorités compétentes de prendre des mesures pour mettre fin aux perturbations récurrentes affectant les réseaux et systèmes de télécommunications sur l’ensemble du territoire, avec la possibilité de sanctions à l’encontre d’opérateurs jugés défaillants.
Isaac K. Kassouwi, Agence Ecofin
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