Les sociétés de téléphonie mobile opérant en République démocratique du Congo (RDC) s’exposent à des sanctions en cas de non-respect des exigences de qualité de service en vigueur. Lors du Conseil des ministres du 9 janvier 2026, le président de la République, Félix Tshisekedi, a instruit les autorités en charge du secteur de prendre les mesures nécessaires pour endiguer les perturbations récurrentes affectant les réseaux et systèmes de télécommunication sur l’ensemble du territoire national.
Le chef de l’État a exigé l’application, « sans faiblesse ni complaisance », des sanctions prévues par les lois et règlements à l’encontre de tout opérateur défaillant, chaque fois que les obligations de qualité, de continuité, de couverture ou de protection des usagers ne sont pas respectées. Il a également demandé le renforcement des mécanismes de régulation, de contrôle et de monitoring permanent de la qualité des réseaux et des services, ainsi qu’une coordination effective entre les ministères sectoriels, les autorités de régulation et les services techniques spécialisés. Un rapport circonstancié est attendu dans un délai de 30 jours.
Les perturbations relevées concernent notamment la téléphonie mobile et fixe, l’internet, la transmission des données, les services numériques, l’interconnexion des réseaux, ainsi que la radiodiffusion et la télévision numérique.
« Ces défaillances persistantes affectent gravement la vie quotidienne des citoyens, la continuité de l’action publique et le fonctionnement de l’économie nationale, en entraînant des ruptures de communication, des perturbations des transactions bancaires et commerciales, ainsi qu’une dégradation notable des services de radiodiffusion et de télévision numérique », souligne le compte rendu du Conseil des ministres.
Fin décembre, le ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, José Mpanda Kabangu, a interpellé les opérateurs Orange, Airtel et Vodacom, à la suite de plaintes d’usagers dénonçant des réseaux instables, des appels interrompus et un accès internet limité dans la province du Sankuru.
Déjà en septembre, peu après sa nomination, le ministre avait pointé plusieurs dysfonctionnements à l’échelle nationale, notamment des coupures fréquentes, une saturation des réseaux, des pertes de crédit jugées injustifiées et des transactions de mobile money échouées mais néanmoins facturées. Sur les réseaux sociaux, les consommateurs se plaignent régulièrement de ces problèmes.
La pression exercée sur les opérateurs télécoms intervient dans un contexte où les autorités congolaises ont fait du numérique un levier de développement socio-économique. Elles estiment donc qu’il est impératif de disposer de réseaux fiables, performants, résilients et continus, opérant dans un environnement de concurrence loyale, de couverture équitable du territoire et de protection stricte des consommateurs.
Ces réseaux sont notamment nécessaires pour permettre l’accès aux services publics dématérialisés mis en ligne par les autorités.
Les sanctions susceptibles d’être appliquées n’ont pas encore été précisées. Toutefois, la loi de 2020 sur les télécommunications et les TIC stipule que « toute violation d’une ou de plusieurs clauses de la licence, de l’autorisation ainsi que du cahier des charges y annexé n’entraînant pas la suspension ou le retrait du titre est punie d’une amende ne dépassant pas le quart du titre ».
Isaac K. Kassouwi, Agence Ecofin
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