Les quotas d’exportation accordés aux producteurs de cobalt en République démocratique du Congo (RDC) pour le dernier trimestre 2025 pourront être utilisés jusqu’au 31 mars 2026. C’est ce qu’a déclaré le régulateur congolais dans un communiqué daté du dimanche 28 décembre, cité notamment par Reuters.
Cette annonce vient lever des incertitudes créées par les goulots d’étranglement dans le nouveau processus d’exportation du cobalt congolais. Après avoir imposé un embargo sur les expéditions de ce métal stratégique pour l’industrie des batteries de véhicules électriques, Kinshasa l’a remplacé, en octobre, par un régime de quotas d’exportation.
Selon ce système, 18 125 tonnes de cobalt étaient prévues à l’exportation entre octobre et décembre 2025. Toutefois, plusieurs entreprises n’ont pas pu utiliser leurs quotas, alors que le cadre réglementaire n’autorise pas, en principe, le report des quotas d’une année sur l’autre.
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a affirmé il y a quelques jours que les exportations de cobalt avaient « repris » le 19 décembre, sans fournir de précisions sur les volumes exportés ni sur les compagnies concernées.
CMOC, l’un des principaux producteurs de cobalt en RDC et titulaire d’un quota d’exportation de 6 650 tonnes pour le quatrième trimestre 2025, a indiqué que les premières cargaisons ne devraient pas quitter le pays avant janvier. Le processus administratif s’est poursuivi durant les dernières semaines de 2025, avec notamment le prélèvement d’échantillons en vue des premières expéditions sous le nouveau régime.
Si l’incertitude liée aux quotas non utilisés en 2025 se dissipe, d’autres défis demeurent pour le gouvernement congolais, qui doit démontrer sa capacité à appliquer durablement ce nouveau cadre.
L’embargo imposé en février, dans un contexte de marché excédentaire pesant sur les prix, a coïncidé avec une envolée des cours du métal, qui ont progressé de plus de 100 % et ont clôturé l’année à plus de 53 355 dollars la tonne.
Si l’objectif d’amélioration des prix semble atteint, Kinshasa doit aussi gérer les risques de substitution du cobalt par d’autres métaux. Certains analystes avertissent que les restrictions sur l’offre congolaise pourraient pousser les industriels à accélérer leurs efforts pour se détourner du cobalt dans la fabrication des batteries électriques.
Emiliano Tossou, Agence Ecofin
Lire aussi :
Cuivre-cobalt artisanal : la RDC suspend toutes les entités de traitement
Cobalt en RDC : l’incertitude plane sur le sort des quotas d’exportation de 2025
Cobalt : les exportations toujours bloquées en RDC, les nouvelles règles en cause









