Suspendus en juin 2025, les travaux de la section urbaine d’Uvira de la route nationale n°5 (RN5) ont repris avec la pose de la première couche de bitume, a annoncé, ce 21 mai 2026, le ministère des Infrastructures et Travaux publics. Les travaux sur ce tronçon d’environ 10 km, situé entre le rond-point Kavimvira et le port public de Kalundu, sont exécutés par l’entreprise EIS-EKA. Un mois avant leur interruption, celle-ci situait le taux d’avancement du chantier à 40 %.
Au moment de la suspension, l’entreprise avait évoqué des contraintes opérationnelles liées au projet. Plusieurs médias locaux avaient ensuite fait état de difficultés logistiques dans l’acheminement des matériaux et des équipements, auxquelles s’ajoutaient des tensions de trésorerie ainsi que des retards administratifs et fonciers.
Avant cet arrêt, certaines sources locales indiquaient déjà que l’entreprise poursuivait une partie des travaux sur fonds propres, dans l’attente de la mobilisation complète des financements prévus. Le modèle de financement du projet est peu lisible. Plusieurs sources évoquent un financement du gouvernement central, parfois accompagné d’un appui provincial ou d’une contribution des pétroliers.
Ce tronçon, essentiel pour la circulation vers le port de Kalundu et les échanges avec le Burundi, ne représente cependant qu’une petite partie du vaste axe RN5, qui relie Bukavu à Lubumbashi sur plus de 1 300 kilomètres. Sur le terrain, les travaux de bitumage restent concentrés sur des sections prioritaires, notamment dans le Sud-Kivu. Le projet Bukavu-Nyangezi-Kamanyola, long d’environ 55 kilomètres, figure parmi les plus avancés. Ce chantier est rattaché au programme sino-congolais, avec SISC SA comme entreprise principale et Sinohydro 14 comme sous-traitant.
La modernisation de la RN5 constitue pourtant un enjeu économique majeur. Cet axe doit permettre de mieux connecter Bukavu, Uvira, Baraka, Fizi, Kalemie et, plus au sud, les zones du Haut-Katanga. Il offre aussi une alternative intérieure aux routes passant par les pays voisins, notamment pour les flux entre le Sud-Kivu et le reste du pays. Sur le plan commercial, son amélioration pourrait réduire les coûts de transport, faciliter l’acheminement des produits agricoles et renforcer les échanges entre les provinces de l’Est et du Sud-Est.
Boaz Kabeya
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