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Kinshasa : la demande de carburant triple, accentuant la pression sur les finances publiques

Kinshasa : la demande de carburant triple, accentuant la pression sur les finances publiques

La demande en produits pétroliers à Kinshasa a « fortement augmenté » depuis la baisse des prix à la pompe le 3 octobre 2024, selon le ministère de l’Économie nationale. Depuis cette date, l’essence est vendue à 2 990,49 francs congolais (FC) le litre et le gasoil à 2 979,73 FC dans la zone Ouest, contre respectivement 3 440 FC et 3 435 FC en septembre 2024, soit une réduction de 13 %.

Dans un communiqué publié le 26 février 2025, le ministère indique que la demande en carburant dans les stations-service a été multipliée par trois, atteignant 4 500 m³ par jour, contre 1 500 m³ auparavant. Pour la seule journée du 26 février, la Société d’entreposage des produits pétroliers (SEP) a distribué 4 800 m³, précise la même source.

De l’aveu du gouvernement, la baisse des prix intervenue en octobre 2024 « a accru les pertes supportées par les distributeurs pétroliers », augmentant ainsi le montant des compensations remboursées par l’État. L’augmentation de la demande à Kinshasa, l’un des principaux marchés de carburants du pays, risque d’alourdir davantage la facture des subventions. Or, la RDC s’est engagée, dans le cadre de son nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI), à intensifier ses efforts pour les rationaliser. Cette situation accentue aussi la pression sur les finances publiques, déjà sollicitée par la hausse des dépenses de sécurité liée à la détérioration du conflit à l’est du pays.

Opportunité pour les banques et les sociétés pétrolières

Au cours des dix premiers mois de 2024, le gouvernement affirme avoir remboursé 293 millions de dollars de manque à gagner aux compagnies pétrolières. « Nous poursuivrons le remboursement diligent du solde des arriérés de 2023, estimé à 211 millions de dollars », ajoute-t-il, cité dans le dernier rapport du FMI paru en janvier dernier. Selon la même source, pour honorer ces paiements, l’État a contracté deux prêts bancaires, garantis par une partie des prélèvements parafiscaux inclus dans la structure des prix du carburant. Avec un taux d’intérêt moyen se situant autour de 13 %, l’opération est très rentable pour les banques.

Dans son communiqué, le ministère de l’Économie nationale ne justifie pas la hausse de la demande à Kinshasa. Il se contente de constater que cette augmentation est survenue après la baisse des prix des carburants. Il reste donc difficile de déterminer si cette tendance est structurelle ou simplement conjoncturelle.

L’absence de statistiques détaillées sur la consommation réelle des ménages et des entreprises ne permet pas encore d’évaluer l’impact du pouvoir d’achat sur la demande de carburant à long terme. En août 2023, avant la forte dépréciation du franc congolais, la consommation d’essence et de gasoil dans la zone Ouest s’élevait respectivement à 30,4 millions de m³ et 24,3 millions de m³. Un an plus tard, malgré la dévaluation monétaire, les volumes sont restés proches de 30 millions de m³ par type de carburant en septembre 2024, ce qui relativise l’impact réel de la baisse des prix sur la demande finale.

Si cette hausse de la consommation se pérennise, les principaux bénéficiaires seront les traders pétroliers, les distributeurs comme SEP, ainsi que les opérateurs logistiques tels que COBIL (SPSA) et Lerexcom Petroleum. Ces derniers ont perçu, en septembre 2024, des revenus trois fois plus élevés qu’en août 2023 sur chaque litre de carburant écoulé.

Georges Auréole Bamba et Boaz Kabeya, stagiaire

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