Après plusieurs jours de forte tension sur le marché local, le prix du carburant a nettement reculé à Beni, dans la province du Nord-Kivu. Selon Radio Okapi, le litre d’essence est passé, depuis le 3 mai 2026, de 22 000 à 5 500 francs congolais, soit une baisse d’environ 75 %.
Cette décrue traduit un retour progressif vers des niveaux plus proches des prix officiels, après une période de rupture d’approvisionnement ayant fortement perturbé la distribution dans la ville.
En l’absence de carburant dans plusieurs stations-service, les usagers s’étaient tournés vers les circuits informels, notamment les revendeurs communément appelés « Kadhafi », où les prix avaient atteint des niveaux particulièrement élevés.
La baisse actuelle semble liée à une amélioration progressive de l’approvisionnement. Elle intervient dans un contexte de mobilisation d’acteurs locaux, notamment des leaders communautaires, des élus et des opérateurs économiques, qui appelaient à une reprise rapide des livraisons.
Une situation comparable avait déjà été observée en mars 2026. Le litre d’essence s’échangeait alors autour de 8 000 francs congolais sur le marché parallèle, contre environ 2 500 francs en période normale. Cette flambée avait été attribuée à l’immobilisation, au Kenya, de camions-citernes destinés à approvisionner Beni, Butembo et Kasindi.
Ces tensions locales interviennent dans un contexte national de réajustement des prix des produits pétroliers. Depuis le 17 avril 2026, de nouveaux tarifs sont en vigueur en République démocratique du Congo. Dans la zone Est, le litre d’essence est fixé à 4 400 FC, tandis que celui du gasoil est établi à 5 600 FC.
Malgré la baisse enregistrée à Beni, le prix constaté reste donc supérieur au tarif officiel de l’essence dans la zone Est, illustrant la persistance des surcoûts logistiques et des fragilités d’approvisionnement dans cette partie du pays.
Ronsard Luabeya
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