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Dollar en cash : comment la BCC veut tarir les sources du blanchiment des capitaux

Dollar en cash : comment la BCC veut tarir les sources du blanchiment des capitaux

Les décisions de la Banque centrale du Congo (BCC) de se réserver l’exclusivité de l’importation physique des billets en monnaies étrangères et d’interdire les transactions en espèces en devises à partir du 9 avril 2027 partent d’un constat : la République démocratique du Congo (RDC) importe chaque mois une quantité de dollars pratiquement constante. Pour le gouverneur de la BCC, André Wamesso (photo), cette situation révèle qu’une partie de cet argent alimente les circuits de blanchiment de capitaux, voire de financement du terrorisme.

« La durée de vie du dollar, selon la Réserve fédérale, est de plus ou moins 18 mois, voire deux ans. Si, malgré cela, vous devez en importer chaque mois, cela veut dire que vous ne maîtrisez pas le cash introduit dans votre économie. Ce cash en sort. Dès lors, nous sommes face à un problème de blanchiment de capitaux et, éventuellement, de financement du terrorisme », a soutenu André Wamesso dans une interview diffusée le 18 avril dernier sur Top Congo.

« Figurez-vous, la plupart des pays limitrophes n’importent pas de dollars, mais ils en ont dans leur économie. Ces dollars viennent de notre économie. J’irai même plus loin : le dollar utilisé aujourd’hui par la rébellion, il vient d’où, puisqu’elle n’importe pas de cash, le dirigeant de cette rébellion étant sanctionné par les États-Unis d’Amérique ? », a-t-il ensuite illustré.

En mars dernier, près de 4 millions de dollars ont été saisis à l’aéroport de N’djili. Selon le gouverneur de la BCC, il s’agissait de fonds appartenant à une agence de transfert d’argent et destinés à sa succursale dans l’est du pays. Mais, d’après la même source, le montant saisi dépassait celui déclaré à la Banque centrale, illustrant les failles dans la circulation du cash.

À l’Association congolaise des banques (ACB), la prédominance des opérations en numéraire et du secteur informel est en effet présentée comme l’une des principales difficultés rencontrées par les banques dans la mise en œuvre des exigences de conformité, notamment en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Avec ces décisions, prises lors de la réunion du Comité de politique monétaire tenue le 9 avril dernier, la BCC tente donc de répondre à cette difficulté en interdisant les transactions en cash en dollars, les plus importantes en valeur dans le pays.

Soutien des États-Unis

Dès le 9 avril 2027, « toute transaction en monnaies étrangères, de quelque montant que ce soit, ne pourra se faire que par voie scripturale », c’est-à-dire par virement, carte bancaire ou mobile money, notamment M-Pesa, Orange Money ou Airtel Money. L’objectif est de renforcer la traçabilité des flux financiers afin de lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Mais le succès de ces mesures dépendra de leur mise en œuvre. À ce sujet, le gouverneur de la BCC prévient : celui qui tentera d’importer des dollars en dehors du circuit officiel n’ira pas seulement à l’encontre de la volonté des autorités congolaises, mais aussi de celle du gouvernement américain, qui, à l’en croire, soutient ces décisions « à 100 % ».

Selon la BCC, les responsables du Trésor américain, rencontrés le 16 avril dernier, auraient exprimé la disponibilité de leur institution à appuyer « cette dynamique de modernisation du système financier congolais ». Ils auraient souligné que ces mesures contribueront non seulement au renforcement de la transparence, mais aussi à l’amélioration de la qualité et de la disponibilité des renseignements financiers.

« Cette évolution réglementaire va naturellement accélérer l’adoption des paiements digitaux », estime Sophie Kafuti, directrice générale de Visa en RDC, dans une interview à l’Agence Ecofin. André Wamesso présente d’ailleurs ces mesures comme des incitations à investir dans le développement des moyens de paiement numérique.

« Pour que cette transition soit un succès, il est essentiel qu’elle soit collective, progressive, encadrée et sécurisée », soutient Sophie Kafuti. La directrice générale en RDC de l’un des leaders mondiaux des technologies de paiement numérique plaide ainsi pour un accompagnement étroit des banques et des commerçants, à travers l’unification et l’accélération des moyens de paiement, la mise en place de dispositifs solides et inclusifs de vérification de l’identité des clients, ainsi qu’une surveillance renforcée des transactions.

Car la digitalisation s’accompagne aussi de nouveaux risques : fraudes numériques, money mules, crypto-actifs ou encore multiplication des transactions à faible montant mais à forte fréquence.

Pierre Mukoko

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