Un an après l’attribution du contrat, Eiffage Génie Civil Marine a officiellement lancé les travaux d’agrandissement du terminal à conteneurs du port de Matadi, en République démocratique du Congo (RDC). L’entreprise française a partagé, le 26 janvier 2026, sur ses réseaux sociaux, la mise en place du premier pieu, marquant le démarrage physique du chantier.
Le 20 janvier 2025, le groupe Eiffage avait annoncé avoir remporté, pour un montant supérieur à 100 millions d’euros, le contrat de conception-réalisation du projet de rénovation et d’extension du terminal à conteneurs du port de Matadi, attribué par Matadi Corridor Terminaux à Conteneurs (MCTC). Le décalage d’un an entre l’attribution du marché et le début des travaux n’a pas fait l’objet de communication.
Le chantier, prévu pour une durée de 27 mois, inclut plusieurs volets structurants de développement du terminal. Il prévoit la construction d’un nouveau quai sur pieux de 350 mètres de long et 30 mètres de large, situé devant les quais n°5, 6 et 7 existants, ainsi que la liaison de ces ouvrages par trois passerelles d’accès de 20 mètres de large. Outre ces installations portuaires, le projet comprend la construction d’un bâtiment d’opérations, d’un bâtiment atelier, ainsi que la réhabilitation de sept hectares de plateforme logistique, dans l’optique de renforcer significativement la capacité et la fluidité du terminal.
Ces travaux s’inscrivent dans la phase 2 du programme d’extension du terminal à conteneurs, lancé en 2019 dans le cadre d’un plan d’investissement visant à doubler la capacité annuelle de manutention du terminal. Selon les objectifs initiaux, cette extension devrait permettre de faire passer la capacité de traitement de conteneurs de 200 000 EVP à environ 400 000 EVP (équivalent vingt pieds), renforçant ainsi la capacité du port de Matadi à servir les flux commerciaux du pays et de sa région.
Une dynamique plus large
Cette opération d’extension intervient dans un contexte où le port a historiquement souffert d’un manque d’infrastructures modernes et d’une capacité de manutention limitée. L’amélioration du terminal à conteneurs pourrait réduire les temps d’attente des navires, optimiser les opérations de chargement et de déchargement, et renforcer la compétitivité logistique du pays.
Pour autant, certains analystes soulignent que l’impact de ce seul programme d’extension dépendra également d’autres éléments d’infrastructure, comme le dragage et le balisage du chenal du fleuve Congo, qui conditionnent l’accès des grands navires au port. Sans ces aménagements complémentaires, les navires de fort tirant d’eau pourraient continuer à contourner Matadi au profit de ports voisins dotés de meilleurs accès maritimes.
Au plan local, ce chantier suscite également l’espoir d’un effet d’entraînement économique, avec des perspectives de création d’emplois directs et indirects, la stimulation des services logistiques et l’amélioration du positionnement de la RDC dans les chaînes de valeur régionales.
L’extension du terminal à conteneurs de Matadi s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation des infrastructures portuaires congolaises, qui inclut, aux côtés de cet agrandissement, des travaux de réfection de quais existants, des projets de zones logistiques adjacentes et des initiatives pour renforcer l’efficience des opérateurs portuaires nationaux.
Pierre Mukoko
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