Le président Félix Tshisekedi (photo) a ordonné un encadrement plus strict de la création des fonds, commissions, cellules et établissements publics, dans le cadre de la rationalisation des dépenses de l’État.
Lors de la 82e réunion du Conseil des ministres du 13 mars 2026, le chef de l’État a demandé que toute nouvelle structure publique soit désormais soumise à une validation préalable de la Première ministre, chargée d’en apprécier l’opportunité, la pertinence stratégique et l’impact financier avant arbitrage final.
Selon le compte rendu du Conseil, cette démarche vise à mieux maîtriser les ressources publiques et à éviter la multiplication de structures jugées peu efficaces ou redondantes. L’exercice doit permettre d’identifier les entités dont l’utilité est avérée, celles dont la pertinence reste limitée, ainsi que les cas de chevauchement de compétences ou de duplication institutionnelle.
Cette décision s’inscrit dans un processus amorcé depuis plusieurs mois. Lors de la 74e réunion du Conseil des ministres du 9 janvier 2026, Félix Tshisekedi avait déjà insisté sur la nécessité de renforcer la discipline budgétaire, en présentant la rationalisation des dépenses publiques comme un « levier immédiat, crédible et indispensable » pour préserver les équilibres macroéconomiques.
Le président avait alors appelé à l’élimination des dépenses non prioritaires ou insuffisamment justifiées, tout en demandant à la Première ministre un rapport sur l’état d’avancement des mesures engagées.
Cette orientation remontait déjà à la 42e réunion du Conseil des ministres du 2 mai 2025, au cours de laquelle le gouvernement avait été instruit d’identifier les structures publiques créées ces dernières années, d’en évaluer la valeur ajoutée et d’envisager, le cas échéant, la suppression ou la restructuration de celles jugées improductives ou budgétivores. Pour l’instant, les résultats de ces différentes directives n’ont pas rendu public.
Ce resserrement intervient dans un contexte de pression persistante sur les finances publiques. La loi de finances 2026, promulguée fin décembre 2025, a été arrêtée à environ 22 milliards de dollars, après un projet initial présenté en septembre 2025 à 20,3 milliards de dollars.
Dans ce contexte, le pouvoir exécutif cherche à contenir les charges de fonctionnement de l’État, à limiter la dispersion des moyens budgétaires et à concentrer les ressources sur les priorités gouvernementales, notamment la sécurité, la reconstruction et les infrastructures.
À travers cette nouvelle séquence, l’exécutif entend donc faire de la rationalisation administrative un instrument de discipline budgétaire et d’efficacité de l’action publique.
Boaz Kabeya









