Le Fonds de promotion de l’industrie (FPI) fait face à un stock de créances en souffrance estimé à près de 300 millions de dollars, selon la note d’information présentée au Conseil des ministres du 10 avril 2026 par le ministre de l’Industrie par intérim, Justin Kalumba Mwana-Ngongo. Ce niveau marque un doublement par rapport à 2019, lorsque l’ancien ministre de l’Industrie, Julien Paluku, évoquait plus de 150 millions de dollars d’impayés.
Au Conseil des ministres, le gouvernement a été saisi de la nécessité d’un large appui gouvernemental pour accélérer le recouvrement de ces créances, jugé crucial pour le financement des projets structurants. Le compte rendu officiel indique que le ministre a proposé la mise en place d’une commission spéciale chargée notamment de catégoriser les débiteurs selon leur degré de bonne ou de mauvaise foi, de négocier des protocoles de transaction pour les créances récupérables à l’amiable, d’engager des actions de recouvrement forcé avec l’appui de la force publique et de proposer des mesures conservatoires sur le patrimoine des débiteurs insolvables.
Le ministre a également demandé au conseil d’administration du FPI de faire auditer le portefeuille de ces créances afin de définir une stratégie de recouvrement plus efficiente et de détecter d’éventuels dysfonctionnements internes. Selon le compte rendu du Conseil, ces faiblesses pourraient découler d’une organisation inadaptée, d’un manque de compétences ou encore de la persistance de pratiques informelles dans l’octroi des ressources aux porteurs de projets.
Dans cette dynamique, le FPI a attribué, le 2 avril 2026, au cabinet KPMG RDC un marché de consultance portant sur l’assainissement de son portefeuille de prêts. Cette mission doit contribuer à améliorer la qualité du portefeuille et à renforcer les mécanismes de recouvrement de l’institution.
Quelques jours plus tard, le 8 avril 2026, le FPI a officiellement lancé à Kinshasa son système de gestion intégré (ERP), présenté comme un outil de modernisation de ses opérations. Selon la communication officielle de l’établissement, cette plateforme couvre notamment la gestion des dossiers de financement, le suivi des décaissements et des projets, le recouvrement des créances ainsi que la gestion de la Taxe de promotion de l’industrie (TPI).
L’enjeu pour le FPI est de restaurer sa capacité de financement dans un contexte où l’accumulation des impayés réduit les marges disponibles pour accompagner de nouveaux projets industriels. Le gouvernement a pris acte de la note présentée au Conseil, sur fond de pression croissante pour sécuriser les ressources destinées à l’industrialisation.
Timothée Manoke
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