Le Fonds de promotion de l’industrie (FPI) a attribué à KPMG RDC un marché de consultance portant sur l’assainissement de son portefeuille de prêts, selon une décision d’attribution définitive signée le 2 avril 2026 par son directeur général, Hervé Claude Ntumba Batukonke. Le marché a été attribué pour un montant de 138 729 dollars hors taxes, soit 160 925,64 dollars toutes taxes comprises.
La décision ne détaille pas le contenu exact de la mission confiée à KPMG. Elle indique en revanche que le marché est l’aboutissement d’une procédure engagée en 2024, avec plusieurs avis de non-objection de la Direction générale du contrôle des marchés publics sur le plan de passation, la liste restreinte, la demande de propositions, puis les évaluations technique et combinée. L’offre de KPMG mentionnée dans la décision est datée du 6 mars 2024, ce qui confirme que la procédure s’est étalée sur au moins deux ans.
Cette attribution intervient dans un contexte où le FPI remet au premier plan la question du recouvrement de ses créances. Lors de sa prise de fonction en août 2025, le directeur général avait présenté le remboursement des prêts comme une priorité de son mandat, estimant que la capacité de l’institution à financer de nouveaux projets industriels dépendait aussi du recouvrement effectif des fonds déjà engagés.
Dans un communiqué publié à cette occasion, la direction du FPI affirmait que « toutes les créances, sans exception, seront méticuleusement recensées et recouvrées », en promettant la mise en place d’un mécanisme destiné à assurer le remboursement intégral des prêts anciens et futurs. Le même texte soulignait que le non-remboursement des créances fragilisait la mission même du fonds, censé soutenir l’industrialisation du pays.
Le sujet n’est cependant pas nouveau. En mars 2020, le ministre de l’Industrie de l’époque, Julien Paluku, évoquait déjà environ 150 millions de dollars à récupérer auprès des débiteurs du FPI et annonçait un délai de 48 heures avant le déclenchement de mesures de recouvrement forcé pour les emprunteurs défaillants.
L’attribution de ce marché à KPMG peut ainsi être lue comme une nouvelle étape dans la tentative du FPI de mieux structurer la gestion et le nettoyage de son portefeuille de prêts, dans un contexte où la récupération des créances apparaît comme un levier central pour restaurer ses marges de manœuvre financières et relancer le financement de nouveaux projets industriels.
Timothée Manoke
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