Selon une décision de la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, signée le 10 juin 2025 et passée inaperçue, le partenariat public-privé conclu avec l’entreprise allemande Dermalog Identification Systems a été porté à 133,2 millions de dollars.
D’après cette décision, en plus du marché de 48,8 millions de dollars relatif à la production des passeports biométriques, l’entreprise allemande se voit également attribuer la construction d’une imprimerie nationale destinée à la production de ce document, pour un montant de 84,4 millions de dollars.
D’une durée de cinq ans, le premier contrat est déjà en cours d’exécution. Dermalog a officiellement démarré ses activités le 5 juin 2025, date du lancement du nouveau passeport biométrique, désormais proposé à 75 dollars, soit une réduction de 24,2 % par rapport aux 99 dollars antérieurement en vigueur.
Les documents disponibles jusqu’ici ne précisent toutefois pas la répartition de ce tarif. On ignore donc à quel niveau est rémunéré le partenaire privé pour chaque passeport produit.
L’imprimerie annoncée « à moyen terme »
Lors d’une intervention sur Top Congo FM en août 2025, la ministre avait révélé l’existence de ce second contrat, destiné à doter le pays d’une autonomie dans la production des passeports. Elle précisait que sa mise en œuvre interviendrait à moyen terme, soit dans trois à quatre ans.
« Le deuxième contrat entrera en vigueur, si je ne me trompe pas, dans une période de trois ou quatre ans », expliquait-elle, soulignant que ce délai permettra d’évaluer le prestataire et, si nécessaire, de recadrer certains éléments du premier contrat actuellement en vigueur. Elle indiquait également que l’imprimerie qui sera installée en RDC devra être tenue par des Congolais.
Tout comme dans sa décision, la ministre ne s’est pas davantage étendue sur ce deuxième contrat. Aucun élément n’est donc disponible à ce stade sur les caractéristiques de l’imprimerie, la durée de l’accord, ou encore la manière dont Dermalog sera rémunéré pour cet investissement de 84,4 millions de dollars.
Un objectif déjà affiché dans le passé
L’objectif d’autonomie n’est pas nouveau. Il figure parmi les priorités de l’État congolais depuis plusieurs années. En 2015, le gouvernement avait déjà signé avec l’entreprise belge Semlex un contrat de plus de 200 millions de dollars pour la production des passeports biométriques, censé permettre au pays d’acquérir la capacité d’imprimer lui-même ces documents en cinq ans.
Ce projet n’a jamais abouti. Jugé exorbitant, il avait également été marqué par de nombreuses accusations de corruption, tandis que le prix officiel du passeport s’élevait alors à 185 dollars, l’un des plus élevés du continent.
Selon les éléments communiqués par Dermalog, le déploiement en cours repose sur une solution complète, allant du pré-enregistrement en ligne à la capture biométrique, jusqu’à la production centralisée.
L’entreprise indique avoir installé 100 stations fixes et mobiles d’enrôlement en RDC, ainsi que 50 unités mobiles dans les ambassades et consulats. Sa capacité de production a été annoncée, le 5 juin 2025, à 2 400 passeports par jour.
Timothée Manoke
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