Helios Towers RDC a annoncé, mardi 31 mars, un programme de plus de 100 millions de dollars destiné à étendre ses infrastructures télécoms en République démocratique du Congo. Le projet, dévoilé à Kinshasa avec l’accompagnement de l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI), doit couvrir 23 provinces et vise à améliorer l’accès aux services de télécommunications et à internet, en particulier dans les zones encore mal desservies.
Selon l’ANAPI, Helios Towers déploiera ses infrastructures notamment à Kinshasa, dans le Haut-Katanga, le Kongo Central, le Maniema, l’Ituri, le Kasaï Central, le Kasaï Oriental, le Kwilu, le Mai-Ndombe, la Mongala, le Nord-Kivu, le Nord-Ubangi, le Sankuru, le Sud-Kivu, le Lualaba, le Tanganyika, la Tshopo, l’Équateur, le Haut-Uélé, le Sud-Ubangi, le Haut-Lomami et le Kasaï. L’agence précise aussi qu’elle accompagne Helios Towers en RDC depuis 2011 et présente ce nouveau programme comme un investissement structurant pour l’économie numérique du pays.
Helios Towers n’est pas un opérateur mobile au sens classique du terme, mais une towerco, spécialisée dans la construction, l’acquisition et l’exploitation de tours télécoms mutualisées. Son modèle consiste à fournir des infrastructures passives et des services énergétiques à plusieurs opérateurs mobiles à la fois, afin de réduire leurs coûts de déploiement et d’accélérer l’extension de la couverture. En RDC, le groupe se présente comme le principal opérateur indépendant de tours et souligne qu’il contribue déjà à connecter des millions de personnes, souvent pour la première fois.
Cet investissement intervient dans un marché encore largement sous-couvert. D’après les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), reprises par l’Agence Ecofin, les réseaux 2G, 3G et 4G couvraient respectivement 75 %, 55 % et 45 % de la population congolaise en 2024. La même source fait état d’un taux de pénétration de la téléphonie mobile de 44,3 % et d’un taux de pénétration d’internet de 19,7 %. En parallèle, Helios Towers met en avant un marché à fort potentiel, avec une population de plus de 100 millions d’habitants et un faible niveau de pénétration mobile.
L’extension d’infrastructures mutualisées s’inscrit aussi dans l’orientation prise par les autorités congolaises. Le Fonds de développement du service universel (FDSU) a présenté en février une stratégie 2026-2035 fondée sur le modèle « TowerCo Lead », dans lequel les fournisseurs de tours financent et déploient les infrastructures passives en accès ouvert, tandis que les opérateurs mobiles installent les équipements actifs et commercialisent les services. L’objectif affiché est de connecter près de 68 millions de personnes, principalement dans les zones rurales.
Ce choix s’explique par l’ampleur de la fracture numérique. Selon l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA), 46 % de la population congolaise ne dispose pas de couverture en haut débit mobile et 25 % n’ont accès à aucun réseau mobile, y compris la 2G. La même source souligne que l’effort d’extension devient de plus en plus coûteux à mesure que l’on vise les zones les plus isolées : faire passer la couverture de 75 % à 80 % de la population nécessiterait environ 150 nouveaux sites, contre près de 5 700 pour atteindre 95 %.
Dans ce contexte, le programme d’Helios Towers apparaît comme un appui concret à la stratégie publique de connectivité. En misant sur la mutualisation des infrastructures, il peut aider les opérateurs à étendre plus rapidement leurs réseaux, tout en limitant les coûts de déploiement dans un pays où les besoins restent immenses.
PM avec Agence Ecofin
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