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Kamoa-Kakula : prévisions revues à la baisse, objectif de 500 000 tonnes repoussé à 2028

Kamoa-Kakula : prévisions revues à la baisse, objectif de 500 000 tonnes repoussé à 2028

Les prévisions de production du complexe cuprifère de Kamoa-Kakula, situé dans le sud de la République démocratique du Congo, sont une nouvelle fois revues à la baisse après l’incident sismique de mai 2025. S’appuyant sur « les résultats actualisés d’une étude indépendante », son opérateur, Ivanhoe Mines, annonce, ce 31 mars 2026, une production attendue à 290 000-330 000 tonnes de cuivre en 2026, contre 380 000-420 000 tonnes visées jusqu’ici. Pour 2027, les prévisions sont désormais ramenées à 380 000-420 000 tonnes, contre 500 000-540 000 tonnes auparavant. Le seuil de 500 000 tonnes par an, initialement attendu en 2027, est désormais repoussé à 2028.

Cette nouvelle révision intervient après celle annoncée à la suite du choc sismique de 2025. Dans ses résultats annuels publiés le 18 février 2026, Ivanhoe maintenait encore une guidance de 380 000 à 420 000 tonnes en 2026 et de 500 000 à 540 000 tonnes en 2027, tout en expliquant que le nouveau plan de vie de la mine intégrerait les paramètres techniques adoptés depuis « l’événement sismique » et le plan de reprise qui a suivi.

La compagnie justifie ce nouveau recul par une approche plus prudente de l’exploitation. Le rapport du 31 mars indique que les nouveaux schémas miniers à Kamoa et Kakula prévoient une période plus longue de travaux préparatoires afin de soutenir un rythme d’extraction plus durable. Le développement sera concentré sur les deux prochaines années autour de Kakula, avant le lancement de nouvelles zones d’abattage. Ivanhoe précise aussi que les avancées souterraines sont inférieures aux attentes en raison de conditions géotechniques et hydrologiques défavorables, ce qui a conduit à réduire d’environ 15 % les objectifs de développement.

« Bien que des hypothèses de base prudentes aient un impact sur les niveaux de production en 2026 et 2027, nous préparons Kamoa-Kakula à atteindre de nouveaux records à partir de 2028 », a déclaré Marna Cloete, présidente-directrice générale d’Ivanhoe Mines.

Des coûts de production attendus à la hausse

Cette orientation impacte aussi sur les projections des coûts. En février, Ivanhoe anticipait encore un coût de production directe d’environ 4 850 à 5 510 dollars par tonne, puis de 4 190 à 5 070 dollars par tonne en 2027. Désormais, la compagnie vise environ 5 730 à 6 610 dollars par tonne en 2026, puis 4 630 à 5 510 dollars par tonne en 2027. L’objectif de long terme est ramené à environ 4 410 dollars par tonne à partir de 2028.

À court terme, ce double mouvement — baisse des volumes et hausse des coûts — pourrait peser sur les revenus. En 2025, Kamoa-Kakula a généré 3,28 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 1,45 milliard de dollars d’EBITDA, avec une marge de 44 %, malgré une production perturbée depuis mai. Le site a vendu 351 674 tonnes de cuivre à un prix moyen d’environ 9 700 dollars par tonne. Le coût de production directe s’est établi à près de 4 760 dollars par tonne, contre environ 3 640 dollars par tonne en 2024. Ivanhoe expliquait cette hausse par le traitement de stocks de surface à plus faible teneur, un minerai plus pauvre et des coûts logistiques plus élevés par livre transportée.

Pour le marché mondial du cuivre, ce report n’est non plus neutre. Kamoa-Kakula devait constituer l’un des principaux relais de croissance de l’offre mondiale, avec une production de plus d’un demi-million de tonnes dès 2027. Le glissement à 2028 retarde donc l’arrivée de volumes significatifs de cuivre à haute teneur sur un marché déjà tendu par les besoins de l’électrification et de la transition énergétique.

Ivanhoe met toutefois en avant plusieurs amortisseurs. La fonderie de Kamoa-Kakula, entrée en service fin 2025, permet désormais de produire des anodes de cuivre à 99,7 % de pureté. Le groupe souligne que la montée en régime de cette installation devrait réduire de moitié les coûts logistiques, le cuivre expédié passant d’un concentré titrant 35 % à 45 % à des anodes quasi pures. À cela s’ajoutent les ventes d’acide sulfurique, sous-produit de la raffinerie dont le prix moyen réalisé dépasse 450 dollars par tonne depuis le démarrage.

Le complexe Kamoa-Kakula est détenu à 39,6 % par Ivanhoe Mines, à 39,6 % par Zijin Mining, à 20 % par l’État congolais et à 0,8 % par Crystal River, au sein de la coentreprise Kamoa Copper.

Pierre Mukoko  

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