La République démocratique du Congo (RDC) amorce une nouvelle étape dans l’organisation de ses exportations de cacao, en mettant l’accent sur la certification. Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a annoncé, le 20 avril 2026, à l’issue d’une réunion avec les exportateurs de cacao et de café, l’obtention d’un appui américain pour former des experts congolais dans ce domaine.
Dans sa communication, le ministre a indiqué que « la RDC ne doit plus dépendre d’agents extérieurs qui maintiennent le statu quo et favorisent la fraude », sans en dire davantage sur ce repositionnement stratégique de la filière.
Cette initiative intervient dans un contexte de renforcement des exigences de conformité sur les marchés internationaux, notamment dans l’Union européenne. Le règlement européen sur les produits liés à la déforestation impose désormais aux exportateurs de prouver la traçabilité de leurs produits et leur conformité aux normes environnementales.
Pour les autorités congolaises, le développement de compétences locales en certification vise à sécuriser l’accès aux marchés d’exportation et à améliorer la crédibilité du cacao congolais. Cette réorganisation intervient dans une filière encore confrontée à des difficultés structurelles, notamment en Ituri.
Selon des données communiquées en octobre 2023 par le directeur provincial de l’Office national des produits agricoles du Congo (ONAPAC), la production de café et de cacao dans la province est estimée entre 10 000 et 15 000 tonnes par campagne. Dans les faits, les volumes officiellement enregistrés restent nettement inférieurs, avec environ 900 tonnes de café et près de 1 000 tonnes de cacao, selon les mêmes sources relayées par l’Agence congolaise de presse.
Plusieurs facteurs expliquent cet écart, notamment l’insécurité dans certaines zones de production, qui perturbe les activités agricoles, ainsi que le manque d’infrastructures locales de transformation. Une partie du cacao produit en Ituri est ainsi acheminée vers le Nord-Kivu pour y être traitée avant exportation.
Boaz Kabeya
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