Kinshasa prépare la mise en service de huit bateaux de pêche commandés en Égypte, dans le cadre du programme gouvernemental d’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Le dossier a été examiné et adopté lors du Conseil des ministres du 24 avril 2026, sur présentation du ministre de la Pêche et Élevage.
Selon le compte rendu du Conseil, la commande égyptienne comprend trois bateaux de 27 mètres et cinq bateaux de 8 mètres, déjà arrivés sur le territoire national. Les trois plus grandes unités avaient été présentées par Radio Okapi comme des bateaux de pêche industrielle acquis pour 15 millions de dollars.
Avant leur mise en service, le ministère de la Pêche et Élevage a sollicité une expertise destinée à évaluer leur capacité de navigation maritime et leur rentabilité économique. Trois sociétés avaient été approchées, mais seule Mercure Logistics a répondu favorablement et accepté de réaliser cette évaluation.
Les conclusions de cette expertise introduisent une nuance importante. D’après le compte rendu gouvernemental, les bateaux concernés sont des senneurs, destinés à la pêche pélagique jusqu’à environ 200 mètres de profondeur, et non des chalutiers, généralement associés à une exploitation des ressources halieutiques jusqu’à 500 mètres.
Cette distinction est importante pour apprécier le potentiel économique du projet. Elle peut influencer les zones de pêche exploitables, les espèces ciblées, les volumes attendus et, plus largement, la rentabilité de l’investissement public engagé dans cette flotte.
Le Conseil des ministres a néanmoins adopté le dossier présenté par le ministre de la Pêche et Élevage. Aucune date précise de mise en service n’a été communiquée à ce stade. D’après le compte rendu du Conseil des ministres du 27 décembre 2024, ces bateaux devraient être gérés par l’Office national de pêche et d’aquaculture (ONPA).
Cette flotte est appelée à renforcer les capacités nationales de pêche, dans un pays où l’offre locale reste insuffisante pour couvrir les besoins alimentaires. Plusieurs paramètres demeurent toutefois à préciser, notamment le modèle d’exploitation, les coûts opérationnels, la structure de gestion et les conditions pratiques de déploiement des navires.
Timothée Manoke
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