Le programme public Esprit de vie, visant à moderniser le transport urbain via l’acquisition et la mise à disposition de bus et minibus à des opérateurs privés sous forme de crédit, devrait recevoir un nouveau souffle. L’introduction prochaine de près de 500 nouveaux bus à Kinshasa, annoncée lors du déjeuner-débat organisé en novembre 2025 par le Club Bâtiment et Travaux Publics (BTP) et la Chambre des métiers et de l’artisanat du Forum Expo Béton par le nouveau coordonnateur du programme, Kasumbu Mbaya Borrey, est en cours de préparation.
L’opération de recouvrement portant sur les véhicules attribués lors des phases précédentes du programme, qui doit précéder l’arrivée de ces nouveaux bus, a été lancée en décembre 2025. Selon Kasumbu Mbaya Borrey, 649 bus avaient été remis à des entrepreneurs à crédit, au prix de 57 000 dollars, payables mensuellement. Arrivé en 2026, année marquant la fin de la période contractuelle de sept ans, un seul acquéreur a totalement remboursé sa dette. Les 648 autres véhicules doivent être récupérés, car ils demeurent juridiquement la propriété de l’État. Selon plusieurs médias locaux, cette opération vise un montant dépassant 22 millions de dollars, correspondant aux engagements financiers non honorés.
Selon le nouveau coordonnateur, en novembre dernier, 294 véhicules à introduire étaient déjà arrivés dans la capitale, tandis qu’environ 200 autres se trouvaient encore au port de Matadi. Tout porte à croire que ces bus font partie d’un lot de 500 véhicules Hyundai de 27 places chacun, importés de Corée et commandés par le gouvernement central auprès du concessionnaire Central Motors. Selon l’ancienne coordination du programme, une partie de ces véhicules était restée bloquée depuis 2023 au port de Matadi en raison de difficultés financières liées au dédouanement.
Kasumbu Mbaya Borrey a indiqué que les dérives observées lors des précédentes phases — qu’il a qualifiées d’« esprit de cope » — provenaient notamment de l’attribution des bus à des politiciens, à des militaires ou à des bénéficiaires n’ayant jamais procédé au moindre remboursement.
Pour prévenir la répétition de ces problèmes, le coordonnateur a annoncé que le programme miserait désormais sur la digitalisation de la gestion. Chaque bus sera équipé d’un système GPS permettant d’assurer son suivi en temps réel. Un système de gestion numérique, similaire à celui utilisé par Transco et développé avec la société Sycamore, sera également déployé afin d’améliorer la traçabilité et la discipline financière. L’accès au programme sera conditionné par des critères d’éligibilité plus stricts, visant à garantir que seuls les acquéreurs capables de respecter leurs engagements financiers puissent intégrer le dispositif.
Le programme Esprit de vie a été lancé pour améliorer la mobilité en remplaçant progressivement les vieux minibus, très accidentogènes. Il a d’ailleurs été baptisé ainsi pour se distinguer des minibus Mercedes 207 surnommés « esprit de mort », réputés en mauvais état et souvent impliqués dans des accidents. Pour sa mise en œuvre, l’État congolais a signé un accord de partenariat avec l’Association des propriétaires des véhicules affectés au transport en commun (APVECO).
Timothée Manoke
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