À l’issue de la réunion du Comité de supervision de la Société d’exploitation du guichet unique intégral du commerce extérieur (SEGUCE), tenue le 8 juin 2026 à Kinshasa sous la présidence du ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku (photo), une Task Force a été mise en place pour préparer l’avenir du dispositif.
Sa mission consiste à « mener une réflexion afin d’assurer la transition et de préparer un futur modèle institutionnel de gouvernance, avec, à la clé, la signature d’un nouveau contrat avec un autre partenaire », indique le ministère du Commerce extérieur sur sa page Facebook.
La SEGUCE est le fruit d’un contrat conclu entre la République démocratique du Congo et un groupement conduit par BIVAC, filiale de Bureau Veritas. Signé en 2013 pour une durée de dix ans, ce contrat a été prorogé de deux ans. Alors qu’il arrive à son terme au second semestre 2026, le ministère du Commerce extérieur dit mettre « les bouchées doubles pour mieux protéger les intérêts stratégiques de l’État » en optant notamment pour la contractualisation avec une autre entreprise.
Le département ministériel justifie cette décision par « l’annonce du Bureau Veritas de se retirer des contrats gouvernementaux en Afrique et au Moyen-Orient ». Un an après avoir exprimé, par la voix de Stéphane Gaudechon, son vice-président chargé des contrats gouvernementaux, son intérêt à poursuivre sa coopération avec la RDC, le groupe français a en effet décidé de mettre fin à certains contrats publics au Moyen-Orient et en Afrique.
Contexte favorable pour Intertek
Le leader mondial des services d’essais, d’inspection et de certification n’a toutefois pas précisé les pays concernés. Mais, à Kinshasa, la décision est perçue comme une source d’incertitude pour la continuité du guichet unique, considéré comme un outil stratégique pour le commerce extérieur, la traçabilité des opérations et la mobilisation des recettes publiques. Cette plateforme numérique permet, en effet, aux opérateurs économiques et aux administrations concernées de traiter les documents du commerce extérieur à travers un portail unique.
Le Comité de supervision a donc acté la fin de la coopération avec Bureau Veritas et mis en place une Task Force chargée d’organiser la transition et de réfléchir au futur modèle de gouvernance. Cette équipe regroupe des experts de la présidence de la République ainsi que des représentants des ministères des Finances, du Budget, de l’Économie nationale, du Portefeuille, des Transports et du Commerce extérieur.
Cette position pourrait également influencer le sort de l’autre contrat détenu par Bureau Veritas en RDC. Il s’agit de la mise en œuvre du programme de vérification de conformité des importations. Attribué en 2006 à sa filiale BIVAC, ce contrat arrive à échéance en novembre 2026.
Le ministre du Commerce extérieur a d’ailleurs reçu, le 6 mai dernier, une délégation d’Intertek conduite par Jeremy Gaspard, vice-président chargé des services gouvernementaux et commerciaux, venue solliciter ce contrat. Depuis, aucune information n’a filtré sur l’évolution du dossier. Le contexte pourrait toutefois jouer en faveur du groupe britannique.
Pierre Mukoko et Ronsard Luabeya
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