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Chemaf : Lloyds place ses hommes, Soorya Prabhakaran désigné DG

Chemaf : Lloyds place ses hommes, Soorya Prabhakaran désigné DG

Plus de deux mois après la finalisation de la reprise de Chemaf, le rôle dans l’exploitation des actifs miniers congolais de Lloyds Metals and Energy, partenaire de Virtus Minerals dans cette opération, prend forme. Un nouvel organigramme de Chemaf, daté de fin mai-début juin et consulté par Bankable, place désormais plusieurs dirigeants issus de l’écosystème Lloyds-Thriveni à des postes clés.

Le document présente certes le directeur général de Virtus, Phillip Braun, comme directeur général (CEO) de Chemaf. Mais, il indique également que Sooryanarayanan (Soorya) Prabhakaran, directeur exécutif du groupe Lloyds & Thriveni, est le directeur général « désigné » du producteur de cuivre-cobalt. « Il est actuellement chargé de la mise en place, de l’opérationnalisation et de la montée en puissance des actifs miniers de Chemaf en République démocratique du Congo », précise le document.

Le nouvel organigramme fait également apparaître Subramanian Alagappan au poste de directeur général adjoint. Ce dernier est le responsable pays du groupe Lloyds & Thriveni en RDC.

Lloyds Metals and Energy, opérateur des actifs miniers et industriels de Chemaf, est historiquement un producteur de minerai de fer, tandis que Thriveni Earthmovers s’est imposé comme l’un des principaux prestataires miniers privés d’Inde, notamment dans le charbon et les travaux miniers de grande échelle. En 2025, Lloyds a renforcé son contrôle sur Thriveni en portant sa participation à près de 80 % du capital.

Comme leurs employeurs, les dirigeants désormais en charge de la relance opérationnelle de Chemaf disposent d’une expérience dans la conduite d’opérations minières industrielles. Leur exposition directe à l’univers du cuivre et du cobalt reste toutefois plus limitée.

Avant d’être associé au dossier Chemaf, Soorya Prabhakaran dirigeait notamment l’activité minerai de fer de Thriveni dans l’État indien d’Odisha, où il a contribué à doubler la production, passée de 20 à 40 millions de tonnes par an.

De son côté, Subramanian Alagappan totalise près de trois décennies d’expérience dans les mines de charbon, le minerai de fer et les grands projets miniers à ciel ouvert en Inde, en Indonésie, en Chine et au Mozambique. Il dirige également Surya Mines SARL, indirectement contrôlée par le groupe grâce à l’acquisition de 50 % de Nexus Holdco, qui détient 90 % de Surya, selon une communication du groupe datée du 6 janvier 2026.

Actionnaire clé

Premier actif de Lloyds en Afrique, Surya Mines, active dans le Haut-Katanga, détient une usine hydrométallurgique à Kitemina, d’une capacité annuelle annoncée de 30 000 tonnes de cathodes de cuivre et 5 000 tonnes d’hydroxyde de cobalt. Ses opérations ont débuté en mars 2026, selon un document de l’entreprise. Surya mène également des activités d’exploration sur 16 concessions minières dans la région de Likasi.

Au-delà de son rôle opérationnel, Lloyds est aussi un actionnaire de référence de Chemaf. Selon une note produite, le 30 mars dernier, à l’attention des investisseurs, dont Bankable a obtenu copie, le groupe indien contrôle 41 % de Virtus Lloyds Minerals Holding (VLMH), le véhicule qui a acquis 100 % des actifs de Chemaf pour 30 millions de dollars. Virtus Minerals en détient 51 %.

Même avec la cession annoncée de 10 % des parts à l’État congolais, le poids de Lloyds dans l’actionnariat de Chemaf devrait rester significatif. Le succès de la relance repose donc en grande partie sur le groupe indien. Il devra surmonter plusieurs défis : une dette estimée à près d’un milliard de dollars, une production à relancer, le projet Mutoshi à finaliser, ainsi que d’importantes attentes sociales, avec des arriérés dus à plus de 3 000 employés et sous-traitants.

Pour l’heure, les modalités concrètes de la relance restent peu détaillées. Devant les investisseurs, Lloyds met surtout en avant le potentiel industriel de Chemaf.

Selon le groupe indien, Chemaf dispose aujourd’hui d’une capacité industrielle de 20 000 tonnes par an de cathodes de cuivre et de 4 000 tonnes par an de cobalt, concentrée autour de l’usine d’Étoile. Une fois achevée, le projet Mutoshi est censé ajouter 50 000 tonnes par an de cuivre et 16 000 tonnes par an de cobalt. Au total, les capacités de Chemaf pourraient donc atteindre 70 000 tonnes de cuivre et 20 000 tonnes de cobalt par an, si les projets d’expansion sont finalisés comme prévu.

En intégrant les autres opérations de Lloyds en RDC via Surya Mines, le groupe indien vise une capacité totale d’environ 100 000 tonnes de cuivre et 20 000 tonnes de cobalt par an dans le pays.

Pierre Mukoko

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