La Société belge d’investissement pour les pays en développement (BIO) a octroyé un prêt de 5 millions de dollars à la Société de microcrédits congolais (SMICO), une institution de microfinance active en République démocratique du Congo. L’accord de financement a été signé le 21 mai 2026 à Bruxelles, en Belgique.
Selon le communiqué conjoint publié à l’issue de la cérémonie, cet apport doit permettre à SMICO d’étendre ses activités au-delà de « ses zones historiques d’implantation dans les régions du Kivu ».
Ces zones sont actuellement affectées par une crise sécuritaire qui a fragilisé les activités de l’institution. À la fin du premier semestre 2025, SMICO affichait une perte de 1,29 milliard de francs congolais.
À Goma et Bukavu, où l’institution dispose de deux agences importantes, l’activité bancaire est interdite depuis la prise de contrôle de ces villes par les rebelles de l’AFC/M23 au début de l’année 2025. À Uvira, où SMICO possède également une agence, l’activité reste dépendante de l’évolution de la situation sécuritaire.
Réponse à la crise
L’opération apparaît donc en partie comme une réponse à cette crise. « Ce financement contribue indéniablement à renforcer la résilience financière de l’institution et sa capacité à poursuivre sa mission malgré un contexte économique et sécuritaire complexe », reconnaît SMICO.
L’institution nuance toutefois cette lecture. « Cependant, il serait réducteur de considérer cette opération uniquement sous l’angle de la mitigation des effets de la crise », précise-t-elle.
SMICO inscrit surtout ce prêt dans sa volonté « d’accélérer sa stratégie de croissance et de renforcer sa présence dans plusieurs zones à fort potentiel économique ». À très court terme, l’institution envisage de poursuivre son expansion à Isiro, dans la province du Haut-Uele, et à Butembo, dans le Nord-Kivu, tout en consolidant son réseau dans les provinces où elle opère déjà.
En plus de ses agences de Goma, Bukavu et Uvira, SMICO est présente à Bunia, Kalemie, Kisangani, Lubumbashi, Kolwezi, Kindu et Likasi.
Dans le cadre de sa vision de développement à l’horizon 2030, l’institution ambitionne également d’étendre progressivement sa présence vers les provinces du centre et de l’ouest du pays afin de renforcer l’inclusion financière à l’échelle nationale.
Lutte contre la pauvreté
« Cette expansion reposera sur une approche combinant l’ouverture de nouveaux points de service, le développement du réseau d’agents bancaires et de super agents bancaires ainsi que le renforcement des canaux digitaux », explique SMICO.
Cette stratégie devrait permettre à l’institution d’élargir sa base clientèle, qui compte actuellement plus de 92 000 clients, et d’accroître son portefeuille de crédits.
Le financement vise expressément les micro-entrepreneurs congolais, notamment les femmes et les jeunes. « Cet appui de BIO permettra de renforcer durablement notre capacité à financer et accompagner les entrepreneurs congolais, en stimulant l’entrepreneuriat, la création d’emplois et l’inclusion financière », souligne Pacifique Ndagano, directeur général de SMICO.
Chez BIO, le financement, garanti par EDFI Management Company, est présenté comme un investissement en faveur de la lutte contre la pauvreté.
« L’accès aux services financiers est un levier essentiel contre la pauvreté, en particulier dans les pays fragiles », soutient Joris Totté, directeur général de BIO, qui célèbre cette année ses 25 ans d’existence. « Cet investissement illustre notre mission : soutenir des acteurs locaux à fort impact pour un développement inclusif et durable », ajoute-t-il.
Pierre Mukoko
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