Le ministère des Finances a attribué au cabinet Rothschild & Cie un marché de services d’accompagnement de la République démocratique du Congo en vue de préparer son accès aux marchés internationaux des capitaux et de mobiliser de nouveaux financements. La décision d’attribution définitive, signée le 24 mars 2026 par le ministre des Finances, Doudou Fwamba, fixe la durée de la mission à douze mois. Le contrat prévoit une rémunération de 500 000 euros hors taxes par trimestre, soit un montant total de 2 millions d’euros HT sur l’ensemble de la période.
Le document précise que le marché a été passé selon la procédure de gré à gré. La chronologie retracée dans la décision mentionne une demande d’autorisation spéciale adressée le 13 octobre 2025, suivie, le 10 novembre 2025, d’une autorisation de la Direction générale du contrôle des marchés publics (DGCMP) pour recourir à cette procédure, ainsi que d’un avis de non-objection sur le procès-verbal des négociations et le projet de contrat. Une demande d’approbation du contrat a ensuite été transmise à la Première ministre, Judith Suminwa, en décembre 2025.
Ce marché s’inscrit dans le cadre de la préparation de la première émission obligataire internationale de la RDC, qui ambitionne de lever 750 millions de dollars. La décision du ministre des Finances ne détaille toutefois pas les missions de Rothschild & Cie. En janvier 2026, Bloomberg a rapporté que Citigroup piloterait l’opération avec l’appui de Rawbank, tandis que Rothschild & Cie interviendrait comme conseil financier et White & Case LLP comme conseil juridique.
L’expérience récente de Rothschild sur le continent éclaire son positionnement sur ce type de mandat. Selon Africa Business+, le cabinet figurait parmi les conseils mobilisés lors de l’émission d’eurobond réalisée par la Côte d’Ivoire en mars 2025. Le gouvernement ivoirien avait alors levé 1,75 milliard de dollars à un taux de 6,45 % pour une maturité de 11 ans, avec un carnet d’ordres ayant atteint 5,2 milliards de dollars.
L’objectif affiché par les autorités congolaises est de boucler l’opération avant la fin du premier semestre 2026. Mais cette échéance reste incertaine. Dans un rapport publié en janvier 2026, le Fonds monétaire international estime qu’une émission avant la mi-2026 demeure peu probable, compte tenu des diligences techniques encore nécessaires, des échanges à conduire avec les investisseurs et de la nécessité d’obtenir une approbation parlementaire préalable.
Avec ce contrat, le gouvernement congolais franchit donc une nouvelle étape dans la structuration de son entrée sur les marchés internationaux des capitaux, même si le calendrier et les conditions effectives de l’opération restent encore à sécuriser.
Timothée Manoke
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