Le président de la République, Félix Tshisekedi, a demandé la mise en place d’un mécanisme « fiable, pérenne et transparent » pour garantir la prise en charge régulière des diplomates congolais et le fonctionnement des missions diplomatiques de la RDC à l’étranger.
Cette orientation a été formulée lors de la 83e réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue le 20 mars 2026 à la Cité de l’Union africaine. Dans le compte rendu officiel, le chef de l’État rappelle le rôle stratégique des diplomates dans la défense des intérêts du pays, la promotion de son image, la coopération internationale, la mobilisation des investissements et la protection des Congolais vivant à l’étranger.
Pour avancer, le président a instruit le vice-Premier ministre en charge du Budget, le vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, la ministre d’État aux Affaires étrangères, le ministre des Finances ainsi que le ministre des Infrastructures et Travaux publics d’accélérer l’évaluation exhaustive du coût global de fonctionnement de l’ensemble des missions diplomatiques et du personnel à l’étranger. Cette évaluation doit couvrir les rémunérations, les loyers, les frais de fonctionnement ainsi que les engagements vis-à-vis des fournisseurs.
Sur cette base, les ministres concernés devront proposer un mécanisme structuré et sécurisé, reposant notamment sur l’implication, voire la syndication, des banques commerciales. L’objectif est de permettre le paiement direct et régulier des rémunérations du personnel diplomatique et administratif, des loyers des chancelleries et des résidences, des frais de fonctionnement ainsi que des fournisseurs et prestataires.
Tensions financières persistantes
Le dispositif attendu devra garantir la prévisibilité des paiements, la traçabilité des flux financiers et la conformité aux règles de gestion des finances publiques. Pour le chef de l’État, il s’agit aussi de restaurer pleinement la dignité des représentations congolaises à l’étranger et de renforcer l’image de la RDC sur la scène internationale.
Cette instruction intervient alors que plusieurs missions diplomatiques congolaises restent confrontées à des difficultés financières. Selon AfricaNews, au 17 février 2026, des arriérés de salaires portant sur décembre 2025, janvier et février 2026 demeuraient impayés, tandis que plusieurs loyers restaient gelés. Le média évoque également des blocages dans les circuits de paiement, malgré certaines validations administratives, ainsi que des vérifications liées à des irrégularités relevées dans certains contrats de bail.
La même source rapporte qu’une modalité technique mise en place en 2024 par les ministères du Budget, des Finances et des Affaires étrangères pour la prise en charge des loyers se heurterait à des résistances de bailleurs, notamment en raison des conditions de paiement et de leurs implications fiscales.
Dans ce contexte, la vice-ministre des Affaires étrangères, Noëlla Ayeganagato, avait proposé une séance de travail destinée à clarifier les procédures et les justificatifs nécessaires au traitement des paiements, notamment les factures et les relevés d’identité bancaire, selon AfricaNews.
Avec cette nouvelle orientation présidentielle, l’exécutif veut donc passer d’une gestion ponctuelle et souvent chaotique à un mécanisme plus stable, plus traçable et mieux sécurisé. L’enjeu dépasse la seule administration des postes diplomatiques : il touche aussi à la crédibilité internationale de l’État congolais et à sa capacité à faire fonctionner normalement son réseau extérieur.
Boaz Kabeya









