Les ministres des Finances de la République démocratique du Congo (RDC) et de la République du Congo doivent signer, le 12 février 2026, un accord bilatéral établissant le régime fiscal particulier qui sera appliqué à la construction et à l’exploitation du pont rail-route Kinshasa–Brazzaville.
L’information a été annoncée à l’issue des assises techniques tenues à Kinshasa pour finaliser les documents. Ces travaux, officiellement lancés le 3 février par le directeur général adjoint de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT), Jean-Claude Mido Mbuete, ont été présentés comme une nouvelle étape vers la concrétisation du projet.
« Aujourd’hui, nous avons un régime fiscal et douanier harmonisé pour ce projet. Nous avons également un accord bilatéral qui vient consacrer ce régime fiscal et douanier pour nous permettre, dans les prochains jours, de relancer la demande de propositions en ce qui concerne le projet pont-route-rail sur le fleuve Congo entre les villes de Brazzaville et de Kinshasa », a expliqué Caddy Elisabeth Ndala, cheffe de la délégation de Brazzaville, à l’issue des travaux.
À l’analyse, la nécessité d’un régime fiscal dédié aurait retardé le processus de sélection du concessionnaire. La signature de l’accord bilatéral consacrant ce régime fiscal devrait donc relancer la procédure.
Selon les informations communiquées par Brazzaville au début de l’année dernière, l’appel d’offres aurait dû intervenir en juin, puis la sélection du partenaire en septembre 2025, suivie de l’ouverture des discussions avec le concessionnaire retenu en vue du closing financier. Les autorités des deux rives annonçaient d’ailleurs un lancement officiel des travaux avant la fin de l’année.
Un projet de plus 700 millions de dollars
« Les évaluations techniques portent le coût de ce projet autour de 700 millions de dollars. Mais il faut savoir qu’il s’agit d’une première étape, car le projet est appelé à évoluer. D’autres projets viendront s’arrimer à ce projet principal », a indiqué, en janvier de l’année dernière, Alexis Gisaro, alors ministre des Infrastructures et des Travaux publics de la RDC. En 2017, la Banque africaine de développement (BAD) pour sa part estimait le coût de l’infrastructure à 550 millions de dollars.
Le projet de pont-route-rail destiné à relier les deux capitales les plus proches au monde fait partie des infrastructures majeures censées stimuler l’intégration régionale dans le cadre du NEPAD. Il figure également parmi les maillons stratégiques du système de transport le long du corridor Tripoli–Windhoek, qui traverse le Tchad, le Cameroun, les deux Congo et l’Angola. La coordination et l’exécution du projet ont été confiées au Secrétariat général (devenu Commission) de la CEEAC, tandis que les études de faisabilité déjà réalisées ont été financées par la BAD et les deux États congolais.
Selon les détails techniques dévoilés initialement, ce projet — initié dans les années 1990 sous Mobutu Sese Seko — consiste en la construction d’un pont à péage de 1,575 km de long au-dessus du fleuve Congo. Il devrait comprendre, entre autres, une voie ferrée, une route avec des passages piétons, ainsi qu’un poste de contrôle frontalier de chaque côté.
À terme, le projet devrait faciliter la mobilité et les échanges entre les deux villes, actuellement reliées par voie fluviale. Il était projeté une progression du trafic annuel de personnes de 750 000 à plus de 3 millions et du fret de 340 000 à près de 2 millions de tonnes.
Boaz Kabeya
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