Dans un communiqué publié sur son compte Twitter, le ministère des Finances de la RDC a annoncé que les recettes internes provisoires pour l’année 2024 ont atteint 25 188,6 milliards de francs congolais (FC), soit environ 8,8 milliards de dollars. Ces fonds ont été mobilisés par trois principales administrations : la Direction Générale des Impôts (DGI), la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA) et la Direction Générale des Recettes Administratives, Judiciaires, Domaniales et de Participations (DGRAD).
Ces recettes représentent une réalisation de 104 % par rapport aux prévisions budgétaires, y compris celles de la loi de finances rectificative adoptée en fin d'année. Les recettes collectées par la DGI se sont élevées à 15 113 milliards de FC, dépassant les 13 812 milliards de FC prévus dans les ajustements budgétaires de fin 2024. De leur côté, les recettes mobilisées par la DGRAD, totalisant 4 319 milliards de FC, ont également surpassé les prévisions, qui s’établissaient à 3 844 milliards de FC. En revanche, bien que substantielles à 5 755 milliards de FC, les recettes de la DGDA restent pour l’instant inférieures aux prévisions de 2024, telles que consignées dans la loi de finances rectificative récemment adoptée.
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— Ministère des Finances, RDC (@financesrdc) January 3, 2025
Le Ministre des Finances via le présent communiqué informe à l’opinion que recettes intérieures réalisées au cours de la période du 1er janvier au 31 décembre 2024 s’élèvent à 25 188,6 milliards CDF, contre 24 407 milliards prévues dans la loi de… pic.twitter.com/RlBoTVFOPw
Toujours selon le communiqué, le ministre des Finances, au nom de la Première ministre, a salué « les cadres et agents des régies financières » et les a encouragés « à redoubler d’efforts en 2025 pour soutenir le programme d’actions du gouvernement ». Le défi s’annonce cependant ardu. L’analyse du communiqué révèle que la performance la plus remarquable en termes de recettes a été réalisée en avril 2024, alors que le pays était encore en période de transition gouvernementale. Sous le nouveau gouvernement, en place depuis fin mai 2024, des écarts significatifs dans les recettes mobilisées ont été enregistrés principalement en juillet, septembre et novembre.
Le rapport final sur l'exécution du budget 2024 est attendu. Les chiffres officiels communiqués n'expliquent pas précisément les facteurs ayant conduit à l'augmentation des recettes fiscales. Une hypothèse plausible serait de l'attribuer à la hausse des revenus du secteur minier industriel, notamment celui du cuivre. En 2024, la production de la mine de Kamoa-Kakula, opérée par une filiale locale du groupe sino-canadien Ivanhoe Mines, s'est accélérée, élargissant ainsi l'assiette fiscale. Ce regain d'activités minières a également pu avoir un effet d'entraînement sur des secteurs connexes, notamment via les contrats de sous-traitance, pour lesquels les autorités garantissent une préférence aux entreprises locales.
Pour 2025, le gouvernement prévoit que les trois administrations financières mobilisent jusqu’à 30 665,1 milliards de FC. Il envisage d'atteindre cet objectif grâce au secteur minier, à un élargissement de l'assiette fiscale et, surtout, à une lutte renforcée contre la fraude et l'évasion fiscales. La DGI est appelée à collecter 16 548 milliards de FC, tandis que la DGDA et la DGRAD devront rapporter respectivement 7 769,1 milliards de FC et 6 350 milliards de FC. Il sera intéressant de suivre comment ces ambitions s'articuleront avec l’objectif de maintenir des prix stables à la consommation, une priorité ayant conduit le gouvernement à réduire diverses taxes sur des produits dits de première nécessité.
Georges Auréole Bamba
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