La République démocratique du Congo, la Tanzanie et le Burundi poursuivent les travaux préparatoires du projet de chemin de fer électrifié à écartement standard reliant Uvinza, Musongati, Gitega, Bujumbura, Uvira et Kindu. Le 31 mars 2026, les ministres des Transports des trois pays se sont réunis à Kinshasa pour évaluer l’état d’avancement des études de faisabilité de ce corridor de plus de 800 km, selon le ministère congolais des Transports. La réunion a été présidée par le vice-Premier ministre et ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba.
Le projet est piloté, dans le cadre du Corridor central, par la Central Corridor Transit Transport Facilitation Agency (CCTTFA/AFTTCC), qui coordonne depuis plusieurs années les études et la structuration institutionnelle du corridor ferroviaire régional. La CCTTFA avait déjà annoncé, en mars 2023, la signature du contrat d’étude de faisabilité et d’avant-projet sommaire pour le tronçon Gitega-Bujumbura-Uvira-Kindu, confié au groupement CPCS et Zutari pour le compte du Burundi et de la RDC.
Selon les autorités, ce corridor doit contribuer à réduire les coûts de transport, à fluidifier la circulation des personnes et des marchandises et à améliorer l’intégration des pays enclavés de la région des Grands Lacs avec le port de Dar es Salaam. Le projet est également présenté comme un levier de transition énergétique, grâce à une solution ferroviaire électrifiée moins émettrice de gaz à effet de serre que le transport routier.
Sur le segment Burundi-RDC, les études techniques ont franchi une étape en novembre 2025 à Kindu, où six rapports ont été présentés au comité de pilotage. Les documents portaient notamment sur la demande de trafic, l’exploitation ferroviaire, la signalisation, les télécommunications et les systèmes d’énergie. Ces travaux ont aussi permis de préciser un tracé préliminaire pour la partie congolaise, partant de Nyamoma pour desservir Sange, Luberizi, Nyangezi, Walungu, Mwenga, Kamituga, Kalole et Pangi, avant d’atteindre Kindu. Des extensions vers Uvira, Bukavu et Shabunda sont également envisagées à ce stade.
Le coût définitif des segments congolais et burundais n’est pas encore arrêté et dépendra de l’issue des études en cours. En revanche, le tronçon Uvinza-Musongati, côté tanzanien et burundais, fait déjà l’objet d’estimations plus avancées. Plusieurs sources évoquent un coût d’environ 2,15 milliards de dollars, avec un appui attendu de la Banque africaine de développement. Les données disponibles divergent toutefois sur certains paramètres techniques, notamment la longueur exacte du tronçon et la durée prévisionnelle des travaux, selon les sources consultées.
À ce stade, le projet reste donc engagé selon une logique en plusieurs phases : le segment Tanzanie-Burundi est plus avancé, tandis que la section Burundi-RDC demeure au stade des études de faisabilité. La réunion de Kinshasa a surtout permis de confirmer la volonté commune des trois États de poursuivre ce chantier, considéré comme structurant pour la connectivité régionale.
Ronsard Luabeya
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