Il ne reste plus que la signature de l’accord entre la Société financière internationale (IFC), une institution membre du groupe Banque mondiale, et Bank of Africa (BOA) pour que le mécanisme de garantie soit mis en œuvre, selon la dernière actualisation de l’état de mise en œuvre du projet publiée par l’IFC le 28 mars 2025. Le document ne précise toutefois pas à quelle date cette signature pourrait intervenir. Le projet avait pourtant été validé par le conseil d’administration de l’institution le 28 juin 2024.
Il prévoit qu’IFC apporte une garantie partielle couvrant 50 % des prêts accordés aux petites et moyennes entreprises par les filiales de BOA en Afrique centrale, à savoir BOA République démocratique du Congo (RDC) et Banque de Crédit de Bujumbura (Burundi). Ces deux pays ont été sélectionnés car ils sont classés parmi les États fragiles et affectés par des conflits, ce qui les rend éligibles à l’aide de l’Association internationale de développement (IDA).
Le mécanisme de partage des risques est prévu pour une durée de six ans, avec un engagement de l’IFC pouvant atteindre 30 millions de dollars américains. Ce dispositif devrait permettre à BOA RDC et à la Banque de Crédit de Bujumbura d’accorder ensemble jusqu’à 60 millions de dollars de crédits aux PME sur la période.
L’initiative est accompagnée d’un programme d’assistance technique destiné à renforcer les capacités des deux filiales bénéficiaires du groupe BOA, notamment dans l’accompagnement des PME dirigées par des femmes.
En RDC, les défis liés au financement des petites et moyennes entreprises restent considérables. Selon la Banque mondiale, le déficit de financement des PME congolaises est estimé à 6,8 milliards de dollars, soit environ 19 % du PIB. Avec 267 millions de dollars de crédits accordés en 2023, BOA RDC se positionne comme une banque de milieu de tableau. Parmi ses actions en faveur de l’inclusion financière, elle cite le lancement d’une nouvelle gamme de produits dédiés au financement des PME. Toutefois, ses rapports annuels ne présentent pas de données désagrégées permettant de mesurer précisément le volume de crédits effectivement alloués à ce segment.
Pierre Mukoko avec l’Agence Ecofin
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