Le gouvernement congolais a engagé une nouvelle étape dans l’encadrement de sa coopération avec le CIFOR-ICRAF autour du projet de Couloir vert Kivu–Kinshasa. Le 7 avril 2026, à Kinshasa, la vice-ministre des Affaires étrangères, Noëlla Ayeganagato Nakwipone, a reçu Robert Nasi, directeur général du CIFOR-ICRAF, dans le cadre d’échanges portant sur une coopération scientifique renforcée et sur l’expertise que l’organisation pourrait apporter à ce vaste projet environnemental congolais.
Selon la communication officielle relayée autour de cette rencontre, cette démarche a déjà abouti à la signature d’un accord de siège, destiné à encadrer juridiquement la présence du CIFOR-ICRAF en République démocratique du Congo. L’enjeu est de formaliser un partenariat avec une institution déjà active dans le pays depuis plus de deux décennies, notamment sur les questions de foresterie, de restauration des paysages, de climat et d’appui aux politiques publiques.
Cette coopération annoncée s’inscrit dans le contexte du Couloir vert Kivu–Kinshasa, créé par décret le 15 janvier 2025. Le projet couvre 544 270 km², soit un peu plus du quart du territoire national, et prend la forme d’une aire protégée à vocation de réserve communautaire. Il vise à combiner protection des forêts, développement d’une économie verte et prévention des tensions dans des zones fragiles s’étendant de l’est à l’ouest du pays.
À ce stade, les contours opérationnels de l’appui du CIFOR-ICRAF n’ont pas encore été détaillés publiquement. Mais le profil de l’organisation, présente en RDC à travers plusieurs programmes de recherche et de terrain, laisse entrevoir une contribution possible sur les questions de science forestière, de gestion durable des paysages, de climat et de production de connaissances utiles à l’action publique. L’arrivée du CIFOR-ICRAF pourrait ainsi contribuer à consolider la dimension scientifique du projet.
Le projet de Couloir vert bénéficie déjà d’un soutien politique et financier international. En octobre 2025, l’Union européenne avait indiqué mettre 60,5 millions d’euros à disposition pour le développement du Couloir dans le cadre de l’initiative Gateway. Selon l’institution, un contrat de 57 millions d’euros a été attribué en février 2026 pour faciliter le lancement opérationnel du projet, sans que l’opérateur ni les modalités précises d’utilisation de ce financement aient été précisés.
Boaz Kabeya
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