Des commerçants du Kasaï-Central mettent en cause la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC) après l’immobilisation prolongée de treize wagons transportant plus de 350 tonnes de poissons à Luena, dans la province du Haut-Lomami.
Selon des opérateurs économiques, intervenu sur Radio Okapi le 17 juin 2026, ces cargaisons, destinées aux marchés de Kananga, sont bloquées depuis janvier. Elles comprennent notamment du poisson salé, du poisson fumé et des fretins.
Les commerçants affirment subir d’importantes pertes financières. Ils disent également continuer à payer diverses taxes et charges logistiques, alors qu’ils ne peuvent toujours pas disposer de leurs marchandises.
Pour ces opérateurs, l’immobilisation des wagons perturbe la chaîne d’approvisionnement du Kasaï-Central, où les produits halieutiques constituent une denrée importante pour les marchés locaux.
Soupçons rejetés
L’Association nationale des vendeurs de poissons évoque aussi des soupçons de détournement. Son président provincial, Léonard Mpumbu, affirme qu’une partie des produits destinés à Kananga aurait été écoulée localement à Luena par des personnes chargées d’escorter les wagons.
Ces accusations sont rejetées par la SNCC. Emmanuel Kalonji, représentant de l’entreprise ferroviaire, explique les retards par des contraintes techniques, notamment le manque de carburant et les pannes récurrentes de locomotives.
La SNCC assure que les marchandises restent sécurisées et sous surveillance. Elle affirme également que la situation est en voie de normalisation, les wagons ayant quitté Luena pour poursuivre leur acheminement vers Kananga.
Selon Emmanuel Kalonji, les wagons se trouvaient à Kamina au moment de sa réaction, en route vers leur destination finale. L’entreprise ferroviaire soutient donc que l’acheminement a repris, même si les commerçants restent préoccupés par les pertes déjà subies.
Transport fragile
Cette affaire met en lumière la fragilité du transport ferroviaire sur les corridors reliant les zones d’approvisionnement au Kasaï-Central. Les difficultés techniques de la SNCC, combinées aux retards d’acheminement, peuvent rapidement provoquer des tensions sur les marchés et fragiliser les activités des commerçants.
Au-delà du cas de ces treize wagons, l’enjeu porte sur la capacité de la SNCC à assurer un transport régulier et fiable des marchandises vers Kananga. Pour les commerçants, la reprise de l’acheminement ne suffira pas à elle seule : ils attendent aussi des garanties sur la sécurisation des cargaisons et le respect des délais de livraison.
Ronsard Luabeya
Lire aussi :
Kananga–Lubumbashi : le trafic ferroviaire relancé
Transport ferroviaire : le trafic suspendu entre Ilebo et Lubumbashi depuis un mois









