Le gouvernement congolais veut accélérer la structuration de son marché des capitaux avec l’appui de la Société financière internationale (SFI, ou IFC en anglais). Le 18 juin 2026 à Kinshasa, le ministère des Finances et la filiale du Groupe Banque mondiale ont signé un protocole de partenariat destiné à accompagner le développement de la future Bourse de Kinshasa.
L’accord a été paraphé par le ministre des Finances, Doudou Fwamba, et le directeur pays de la SFI, Malick Fall.
Selon la communication du ministère des Finances, ce partenariat doit couvrir plusieurs axes stratégiques. Il s’agit notamment du développement du cadre réglementaire, de la mise en place des infrastructures du marché financier, du renforcement des capacités des acteurs, du partage de connaissances, de l’élargissement de la base des investisseurs et de l’accompagnement des premières opérations boursières.
Permettre aux Congolais de devenir actionnaires
Pour Malick Fall, l’enjeu dépasse le simple appui technique à la création d’une bourse. « Des marchés de capitaux solides, c’est l’accès au financement à long terme pour les entreprises, la possibilité pour les Congolais de devenir actionnaires de leur propre économie, et un levier puissant pour diversifier les sources de croissance bien au-delà des ressources naturelles », a-t-il déclaré.
Doudou Fwamba a, de son côté, insisté sur la nécessité d’adopter des mesures incitatives pour encourager les entreprises à recourir au futur marché boursier. Il a notamment évoqué la possibilité, à terme, d’exiger de certaines grandes entreprises qu’elles réalisent leurs opérations d’augmentation ou de cession de capital à travers la future Bourse de Kinshasa.
L’objectif affiché est double : renforcer la transparence des opérations de capital et mobiliser davantage l’épargne nationale. Pour le ministre des Finances, cette réforme doit aussi permettre aux Congolais de devenir actionnaires d’entreprises opérant dans des secteurs stratégiques, notamment les mines, les télécommunications et les infrastructures.
L’accord intervient alors que la RDC poursuit le processus législatif devant conduire à la création d’un marché boursier national.
Projet de loi
Le projet de loi relatif aux marchés financiers et à la création de la Bourse de Kinshasa a été adopté à l’Assemblée nationale, puis déclaré recevable au Sénat. Le texte prévoit notamment l’organisation du marché boursier national, l’encadrement des instruments financiers comme les actions, les obligations et les contrats financiers, ainsi que la création d’une Autorité des marchés boursiers.
Cette autorité devrait être chargée de garantir la transparence, la crédibilité et la sécurité des opérations sur le futur marché financier. Sa mise en place sera déterminante pour assurer la confiance des investisseurs, des émetteurs et du public.
En avril 2025, un appel à manifestation d’intérêt avait déjà été lancé avec l’appui du Fonds africain de développement pour recruter une firme chargée de réaliser l’étude de faisabilité et d’élaborer le plan d’affaires d’une bourse de valeurs mobilières en RDC.
Le partenariat avec la SFI apparaît donc comme une nouvelle étape dans la structuration du futur marché des capitaux congolais. Mais sa réussite dépendra de la qualité du cadre réglementaire, de la crédibilité de l’autorité de supervision, de l’adhésion des grandes entreprises et de la capacité à attirer une base suffisante d’investisseurs locaux et institutionnels.
Ronsard Luabeya
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