Le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a annoncé le lancement d’une « croisade dans le domaine des infrastructures ». Il s’agit notamment de réaliser un ensemble de projets immobiliers visant à abriter l’administration publique.
Cette annonce intervient quelques jours après le lancement officiel des travaux du premier de ces projets, le Centre des Infrastructures Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo (CIFATT), dont la première pierre a été posée le 22 janvier 2026. Selon l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT), cet édifice est destiné à accueillir les principaux services publics intervenant dans le secteur des infrastructures en RDC.
Le coût global de ce projet, qui s’étalera sur une superficie d’environ 20 000 mètres carrés répartis sur 14 étages, est estimé à 25 millions de dollars américains. Situé dans la commune de la Gombe, le chantier prévoit une durée de travaux de 24 mois et offrira une capacité d’accueil de 1 200 à 1 400 personnes.
Selon les représentants de la Société des péages du Congo (SOPECO) et de la Société de gestion routière (SGR), les travaux sont financés exclusivement par les économies générées par ces entreprises dans le cadre de la gestion de contrats de concession routière, sans recours à des fonds additionnels du Trésor public. SOPECO et SGR détiennent trois contrats de concession avec l’État congolais portant sur les axes Kinshasa–Matadi, Lubumbashi–Kasumbalesa et Lubumbashi–Likasi–Kolwezi, comprenant le bitumage, la construction de ponts, la réhabilitation de routes stratégiques et la gestion des péages.
À côté de ce projet, John Banza Lunda a annoncé trois autres grands chantiers : la construction de l’immeuble du ministère des Affaires étrangères ; la cité parlementaire comprenant l’hémicycle, un grand palais des congrès, des logements pour parlementaires et un hôtel cinq étoiles ; ainsi que la cité administrative, dont le bâtiment du gouvernement comptera plus de 50 étages.
Ces deux derniers complexes seront situés vers la rocade de Kinshasa. Ce choix de localisation, explique le ministre, s’inscrit dans la volonté d’aérer le centre de Kinshasa et de transférer une partie des services publics hors de la commune de la Gombe, actuellement concentrée en tant que centre administratif. La concentration des activités socioéconomiques et des administrations dans cette commune contribue à des situations de blocage et d’embouteillages, la ville entière se dirigeant vers ce point central pour des opportunités administratives et économiques.
À en croire le ministre, ces projets seront en partie financés par le budget public. « Presque 40 % de notre budget est dédié au secteur des infrastructures. Donc, la croisade est réelle », a indiqué John Banza Lunda sur les antennes de RFI. Il a promis de donner plus de détails lors de la toute première conférence nationale sur les infrastructures, annoncée du 29 au 31 janvier 2026 à Kinshasa.
Timothée Manoke
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