Les autorités congolaises envisagent un nouveau plan de relance de Congo Airways SA, assorti d’une restructuration profonde de sa gouvernance, selon le compte rendu de la 83e réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue le 20 mars 2026.
À cette occasion, le président de la République, Félix Tshisekedi, a été saisi des conclusions d’une mission d’enquête mixte conduite en décembre 2025 par l’Inspection générale des finances (IGF), le Conseil supérieur du portefeuille (CSP) et l’Autorité de l’aviation civile (AAC). Cette mission visait à examiner les faits dénoncés par le collectif des agents de la compagnie et à évaluer la régularité, la conformité ainsi que la performance de sa gestion administrative, financière et opérationnelle.
Selon le compte rendu officiel, malgré les efforts engagés dans le cadre du plan d’urgence de relance dont le financement avait été instruit en septembre 2023, Congo Airways demeure confrontée à de graves dysfonctionnements compromettant toute relance efficace et durable. Le document souligne que cette situation fait peser sur l’État actionnaire des risques juridiques, financiers et réputationnels élevés.
Le Conseil relève aussi qu’en l’absence d’une planification rigoureuse et d’un renforcement substantiel de la gouvernance, cette détérioration pourrait compromettre le processus de renouvellement de la flotte, notamment les appareils récemment acquis par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Le chef de l’État exige, à ce sujet, que toute la lumière soit faite sur les modalités d’acquisition, de financement et de capitalisation de ces aéronefs au sein de la compagnie.
Un plan actualisé
Face à ce constat, le président de la République a engagé le vice-Premier ministre en charge des Transports, le ministre des Finances et la ministre du Portefeuille, sous la supervision de la Première ministre, à élaborer un plan de relance actualisé, réaliste et rigoureusement encadré sur le plan financier. Celui-ci devra intégrer des mécanismes clairs de contrôle interne, de conformité réglementaire, d’audit approfondi de la gestion des ressources humaines et de reporting institutionnel régulier à l’État actionnaire.
Selon le compte rendu, ces instruments doivent constituer le socle d’une restructuration profonde et cohérente de la gouvernance managériale de Congo Airways, avec pour objectifs de restaurer la discipline de gestion, de renforcer la redevabilité des dirigeants, d’améliorer la transparence dans la prise de décision et d’aligner les pratiques internes sur les standards de bonne gouvernance.
Le texte ajoute que cette réforme devra aussi permettre de définir un modèle de gestion optimal, fondé sur des principes de performance, de soutenabilité financière et d’efficacité opérationnelle, afin de garantir la viabilité durable de l’entreprise, sa compétitivité sur le marché du transport aérien et la préservation des intérêts stratégiques de l’État actionnaire. Le compte rendu précise également qu’il est attendu de l’État congolais qu’il s’acquitte de ses obligations financières envers Congo Airways, en procédant au paiement des droits dus afin de permettre à la compagnie de mobiliser les ressources nécessaires à sa relance.
La compagnie avait amorcé certains préparatifs opérationnels. En janvier 2026, Congo Airways a lancé un recrutement portant sur neuf commandants de bord, neuf copilotes et quatre techniciens de maintenance, dans le sillage de la réception d’un premier appareil sur les trois acquis par la CNSS.
Ces initiatives montrent que la relance de la compagnie reste à l’agenda, mais le compte rendu du Conseil des ministres suggère désormais que cette reprise ne pourra être durable sans un assainissement plus profond de la gouvernance, des finances et du cadre opérationnel de l’entreprise.
Boaz Kabeya
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