La circulation a repris sur la Route nationale n°5 entre Bukavu et Uvira, après près d’un mois de fermeture. Le trafic a été rétabli le 12 juin 2026 au niveau de Luvungi, où plusieurs véhicules étaient immobilisés depuis plusieurs semaines.
Selon des sources locales, des camions, bus et voitures bloqués sur cet axe ont pu reprendre leur trajet après la levée de la mesure. Cette réouverture met fin à un nouvel épisode de paralysie sur l’un des axes routiers les plus stratégiques du Sud-Kivu.
La fermeture avait été décidée à la mi-mai pour des raisons sécuritaires. Le trafic avait été bloqué à Luvungi sur ordre du gouverneur intérimaire du Sud-Kivu, Jean-Jacques Elakano. La mesure visait notamment à empêcher le passage de véhicules en provenance de zones contrôlées par l’AFC/M23 vers les zones sous contrôle gouvernemental.
Entrée en vigueur le 15 mai, cette décision a provoqué l’immobilisation de nombreux véhicules et voyageurs. La réouverture du 12 juin intervient après 28 jours d’interruption, dans un contexte où les mouvements sur cet axe restent étroitement liés à l’évolution de la situation sécuritaire dans la province.
Durant cette période, la société civile, des élus locaux et plusieurs acteurs économiques ont alerté sur les conséquences de la fermeture. Ils ont notamment évoqué les difficultés d’approvisionnement des marchés, la hausse des coûts de transport et les contraintes imposées aux populations entre Bukavu, Uvira et les localités de la plaine de la Ruzizi.
Le député provincial Jackson Kalimba avait appelé à la réouverture urgente de la RN5, estimant que la fermeture aggravait les difficultés des habitants et des opérateurs économiques. Pour les acteurs locaux, cette route reste indispensable au transport des marchandises, des produits agricoles, du carburant et des biens de consommation.
Corridor vulnérable
Cette fermeture n’est pas un épisode isolé. Entre mars et début avril 2026, l’axe Bukavu-Uvira avait déjà connu une interruption prolongée du trafic. Selon les sources, cette première fermeture aurait duré entre une quinzaine de jours et près de quatre semaines, avant une reprise progressive de la circulation.
Même après cette réouverture, plusieurs usagers continuaient de signaler des difficultés de passage, la présence de barrières et des contraintes liées au contexte sécuritaire. La reprise du trafic ne signifie donc pas un retour durable à la normale.
La RN5 demeure un corridor essentiel pour le Sud-Kivu. Elle relie directement Bukavu et Uvira, deux pôles économiques et administratifs majeurs de la province, dans une région où les alternatives de transport restent limitées.
Son fonctionnement conditionne une partie importante des échanges dans le sud de la province. Toute interruption se répercute rapidement sur la mobilité des populations, l’acheminement des produits agricoles, l’approvisionnement des marchés et les activités commerciales.
La réouverture du 12 juin apporte donc un soulagement immédiat aux transporteurs, commerçants et voyageurs. Mais elle illustre aussi la vulnérabilité persistante des infrastructures de transport dans l’Est de la RDC.
Tant que l’insécurité continuera de peser sur les zones traversées ou connectées à cet axe, la circulation sur la RN5 restera exposée à des interruptions répétées, avec des conséquences directes sur l’économie locale et les conditions de vie des populations.
Boaz Kabeya
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