À l’issue d’une mission d’inspection menée le 9 juin 2026 dans plusieurs dépôts pétroliers installés dans les communes de Kalamu et de Limete, à Kinshasa, la ministre d’État en charge des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a donné un délai d’un mois aux opérateurs concernés pour se conformer aux normes en vigueur.
Selon le ministère des Hydrocarbures, les dépôts pétroliers situés au cœur des quartiers d’habitation devront être délocalisés. Le gouvernement prévoit d’identifier un site dans la commune de N’sele pour accueillir ces installations, afin de réduire les risques auxquels sont exposées les populations.
La mesure vise principalement les dépôts opérant à proximité des habitations, dans des conditions jugées incompatibles avec les exigences de sécurité. Pour la ministre, les installations pétrolières ne peuvent plus fonctionner en dehors du cadre réglementaire, surtout lorsqu’elles présentent des risques d’incendie, d’explosion ou de pollution dans des zones densément peuplées.
« Plus jamais de désordre dans ce secteur stratégique », a insisté Acacia Bandubola lors de cette tournée. Elle a rappelé que tous les dépôts doivent fonctionner dans le respect des normes et qu’ils ne devraient pas être opérationnels dans les quartiers résidentiels.
La visite a également concerné plusieurs entreprises utilisant ou manipulant des produits pétroliers, notamment les sociétés de panification Pain d’Or et Pain Vimba, ainsi que l’entreprise de transport EcoTrans. D’après le ministère, seule EcoTrans était en ordre, tandis que les autres structures ont reçu un délai d’un mois pour se conformer.
Cadre réglementaire
Cette opération s’appuie sur un cadre juridique déjà existant. Le règlement des hydrocarbures du 19 avril 2016 soumet les installations de stockage et d’entreposage des produits pétroliers à des obligations d’enregistrement, d’autorisation préalable, de contrôle technique, d’assurance, ainsi qu’au respect des normes environnementales, sanitaires et sécuritaires.
Le texte prévoit également que les activités de transport-stockage des produits pétroliers ne peuvent être exercées qu’avec une autorisation ou un permis, selon les volumes manipulés. Les exploitants doivent notamment disposer de documents administratifs, d’un titre de propriété ou d’un contrat de location, d’une assurance couvrant les risques liés à l’activité et d’un rapport de contrôle technique des installations.
Sur le plan environnemental, les projets liés aux activités d’hydrocarbures, y compris les infrastructures de transport, de stockage et de distribution des produits pétroliers, sont soumis à une étude d’impact environnemental et social ainsi qu’à un plan de gestion environnementale et sociale.
Le même règlement impose aussi des obligations de sécurité. Les opérateurs doivent mettre en place des dispositifs de prévention, disposer d’équipements de lutte anti-incendie, tenir à jour la liste de leurs équipements de sécurité et garantir des conditions d’hygiène et de protection adaptées aux risques liés aux produits pétroliers.
En cas de non-respect des obligations applicables aux activités d’hydrocarbures en aval, l’administration peut appliquer plusieurs sanctions, allant de l’amende transactionnelle à la suspension du droit d’opérer, au non-renouvellement du titre, au retrait du titre ou au démantèlement des installations aux frais de l’opérateur.
Incendie
En février 2026, après un incendie survenu dans un dépôt de carburant au quartier Socopao, à Limete, les autorités avaient déjà lancé une opération de vérification des dépôts de stockage de produits pétroliers dans la commune.
À cette occasion, la bourgmestre de Limete avait remis à la ministre la liste des dépôts opérationnels et leurs adresses. Le ministère avait alors demandé la vérification des normes de sécurité, des documents de revente et d’entrepôt, tout en annonçant des sanctions contre les installations non conformes.
La question de la délocalisation des dépôts pétroliers situés dans des zones d’habitation n’est pas nouvelle. Dès 2024, les autorités avaient déjà évoqué le transfert de certains entrepôts clandestins de produits pétroliers opérant dans des conditions jugées dangereuses pour les riverains.
À ce stade, le ministère n’a pas encore communiqué le nombre total de dépôts visés, le calendrier précis de délocalisation ni les modalités pratiques d’aménagement du futur site. Mais le message politique est clair : les dépôts pétroliers installés dans les quartiers résidentiels sont désormais dans le viseur des autorités.
Boaz Kabeya









