La Société de microfinance Guilgal SA a fortement renforcé ses financements à moyen terme en 2025. Selon son Rapport Pilier III 2025, l’encours de cette catégorie de crédits a atteint 58 milliards de francs congolais à fin décembre, contre 34 milliards un an plus tôt, soit une progression de 70,8 %.
Ces financements ont ainsi gagné plus de 24 milliards de francs congolais en une année, confirmant une réorientation du portefeuille vers des échéances plus longues. Cette évolution constitue le principal moteur de la croissance du portefeuille de crédits de l’institution.
Dans le même temps, les crédits à court terme ont reculé de 24 %, à 39,7 milliards de francs congolais. Cette dynamique modifie la structure des crédits de Guilgal : en 2024, les crédits à moyen terme représentaient environ 40 % de l’ensemble des crédits à court et moyen terme ; en 2025, leur poids dépasse désormais celui des crédits à court terme.
Cette orientation s’accompagne d’une hausse de la taille moyenne des prêts. L’encours moyen de crédit par emprunteur est passé de 2,83 millions à 3,57 millions de francs congolais entre 2024 et 2025. Le nombre d’emprunteurs a également progressé de 5,4 %, pour atteindre 29 764 clients à fin décembre.
Risque de crédit
Cette croissance survient alors que la qualité du portefeuille reste un point de vigilance. Le portefeuille à risque à plus de 30 jours, ou PAR30, s’est établi à 5,5 % à fin 2025, contre 3,9 % un an plus tôt. Ce niveau dépasse légèrement la norme de 5 % retenue dans le rapport.
La situation reste contrastée. Les créances litigieuses ou en retard ont diminué de 40 %, passant de 21,5 milliards de francs congolais en 2024 à 12,9 milliards en 2025. Le portefeuille à risque à plus d’un jour, ou PAR1, a également reculé, de 20,5 % à 11,9 %.
En revanche, la hausse du PAR30 montre que les retards de remboursement les plus persistants restent à surveiller. Autrement dit, Guilgal a réduit le stock global de créances problématiques, mais n’a pas encore ramené tous ses indicateurs de qualité du portefeuille sous les seuils de référence.
Le rapport identifie d’ailleurs deux points d’attention pour l’exercice 2025 : le PAR30 et le taux d’abandon des créances. L’institution indique avoir engagé des actions correctives à travers un plan stratégique dédié et avoir intégré ces risques dans son Plan de continuité des activités.
Expansion du réseau
Cette vigilance est d’autant plus importante que Guilgal poursuit son expansion. Pour accompagner la croissance de ses activités, l’institution a renforcé son réseau avec l’ouverture des agences de Boma et Moanda, ainsi que des guichets avancés de Lufu, au Kongo Central, et du Rond-point Huileries, à Kinshasa.
Les effectifs ont également augmenté. Guilgal est passée de 512 à 670 agents en une année, soit une hausse de 30,9 %. Le nombre d’agents de crédit a progressé de 203 à 251, renforçant les capacités de distribution et de suivi des prêts.
Cette expansion s’appuie aussi sur un renforcement des ressources financières. Les emprunts et dettes à moyen et long terme ont progressé de 22,6 %, à 55,4 milliards de francs congolais. Les fonds de financement et de garantie ont, pour leur part, augmenté de près de 50 %, à 8,5 milliards.
L’enjeu pour Guilgal sera donc de poursuivre la croissance de son portefeuille, notamment sur les maturités moyennes, tout en renforçant la maîtrise du risque de crédit. La progression des crédits à moyen terme confirme une stratégie d’expansion plus ambitieuse, mais le niveau du PAR30 rappelle que cette croissance devra rester étroitement encadrée.
Boaz Kabeya
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