Facebook Bankable LinkedIn Bankable
Twitter Bankable WhatsApp Bankable
Bankable
Bankable

PLUS LUS

Liste grise du GAFI : l’évaluation finale de la RDC freinée par Ebola

Liste grise du GAFI : l’évaluation finale de la RDC freinée par Ebola

La République démocratique du Congo se rapproche d’une sortie de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI). Mais la dernière étape du processus reste suspendue à l’évolution de la situation sanitaire, dans un contexte marqué par l’épidémie d’Ebola en cours dans l’est du pays.

Dans une communication publiée le 19 juin 2026 à l’issue de sa plénière, le GAFI indique que la RDC a « substantiellement achevé son plan d’action » en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes.

Cette appréciation constitue une étape importante pour Kinshasa. Pour la première fois depuis son placement sous surveillance renforcée en octobre 2022, le GAFI estime que le pays remplit les conditions pour faire l’objet d’une évaluation sur place, préalable indispensable à une éventuelle sortie de la liste grise.

Cette mission doit permettre de vérifier que les réformes engagées ne sont pas seulement adoptées sur papier, mais qu’elles sont effectivement mises en œuvre, soutenues dans la durée et appuyées par l’engagement politique nécessaire.

Progrès accomplis

Le GAFI précise toutefois qu’il suivra l’évolution de la situation sanitaire afin de s’assurer que toute évaluation sur place puisse se dérouler dans des conditions sûres. Une épidémie d’Ebola due à l’espèce Bundibugyo a été confirmée en mai 2026 par l’Organisation mondiale de la santé dans l’est de la RDC. Dans ce contexte, la mission pourrait être retardée jusqu’à ce que les conditions sanitaires permettent sa tenue.

Sur le fond, le GAFI reconnaît plusieurs progrès réalisés par la RDC. Le pays a finalisé son évaluation nationale des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, puis adopté une stratégie nationale de lutte contre ces phénomènes.

La RDC a également désigné des autorités de supervision pour l’ensemble des professions et entreprises non financières concernées, tout en développant un plan de supervision fondé sur les risques.

Le GAFI relève aussi le renforcement de la Cellule nationale des renseignements financiers, notamment en ressources et en capacités d’analyse opérationnelle et stratégique. Les capacités des autorités chargées des enquêtes et des poursuites en matière de blanchiment et de financement du terrorisme ont également été renforcées.

L’organisme souligne enfin que la RDC a démontré une mise en œuvre effective des sanctions financières ciblées liées au financement du terrorisme et au financement de la prolifération.

Objectif manqué

En octobre 2024, lors des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Washington, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, avait indiqué au secrétaire adjoint au Trésor américain, Scott Rembrandt, que la RDC visait une sortie de la liste grise en 2025.

À cette période, le GAFI estimait encore que plusieurs actions restaient à accomplir, notamment le renforcement de la supervision fondée sur les risques, des capacités de la CENAREF et des autorités judiciaires, ainsi que la démonstration de l’efficacité des sanctions financières ciblées.

La communication de juin 2026 montre donc que Kinshasa a franchi une étape importante. Mais la sortie effective de la liste grise n’est pas encore acquise. Elle dépendra du résultat de l’évaluation sur place, qui devra confirmer que les réformes sont appliquées de manière effective et durable.

Pour la RDC, l’enjeu est stratégique. Une sortie de la liste grise améliorerait la perception du risque pays, réduirait la pression de conformité sur les transactions internationales et renforcerait la crédibilité du système financier congolais auprès des banques, investisseurs et partenaires étrangers.

Boaz Kabeya

Lire aussi :

Blanchiment d’argent : la RDC promet aux États-Unis une sortie de la « liste grise » en 2025

Dollar en cash : comment la BCC veut tarir les sources du blanchiment des capitaux

Jolie Mbala (ACB) : « La conformité doit être perçue comme un investissement stratégique »

Abonnez-vous à notre newsletter (gratuit)

Chaque jour, recevez les actualités et les analyses de la rédaction de Bankable.


pollution-a-kolwezi-le-depute-ilunga-demande-la-suspension-de-ruashi-et-commus
Élu de Kolwezi et membre de la majorité présidentielle, le député national Eddy Ilunga Kalenga a demandé la suspension des activités de Ruashi Mining et...
fomin-godard-motemona-herite-d-un-fonds-minier-sous-pression
Nommé par ordonnance présidentielle lue le 3 juin 2026, Godard Motemona Gibolum a officiellement pris ses fonctions le 12 juin à la tête du Fonds minier...
chemaf-lloyds-place-ses-hommes-soorya-prabhakaran-designe-dg
Plus de deux mois après la finalisation de la reprise de Chemaf, le rôle dans l’exploitation des actifs miniers congolais de Lloyds Metals and Energy,...
sous-traitance-ted-beleshayi-arrive-a-l-arsp-en-pleine-montee-des-controles
L’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) change de direction. Ted Beleshayi Kasanda a été nommé directeur général de...

 
 

PLUS LUS

Please publish modules in offcanvas position.